Frison Roche 2011 : ça fera pas avancer l’histoire de la CAP, mais je suis content de ma course…

Bon…Pas facile de commencer ce 1er récit de mon histoire kikourou. (EDIT : en fait, ça va être long, très long, désolé !!)

Il y a tellement de jolis et émouvants récits sur ce forum que je ne sais pas ce que je vais dire de ma course, banale et anonyme.

Mais j’ai lu quelques récits de kikoureurs de tous niveaux qui ont dû penser la même chose en écrivant leur CR et finalement, c’est peut-être ça qui fait la force de ces récits : ils racontent les émotions, les douleurs, les victoires, les abandons et tous sont intéressants à lire et peuvent permettre à quelqu’un de se retrouver dans une expérience et se motiver à avancer dans la pratique.

C’est au moins mon cas.

Pour en venir à la course,  c’est la 2ème fois que je la faisais après l’édition 2010, l’année dernière donc.

En 2010, j’avais réussi à cumuler tout ce qu’il ne faut pas faire avant un trail de montagne comme la frison roche. Il faut dire que si je me considère encore novice aujourd’hui, l’année dernière, c’était ma 1ère expérience.

J’avais jusque là fait 2 courses nature de 15km et à peine 500m+ organisées dans ma commune…rien à voir.

donc en 2010, motivé par nikoureur, je m’étais inscrit à la Frison Roche après quelques hésitations, impressionné plus par les 2400m de D+/D- que par les 37km.

En plus, je ne courrais que de temps en temps de façon irrégulière, toujours le même type de séance de 45-50 minutes en « résistance », je revenais de 2 semaines de vacances assez festives, j’avais enchainé 1200km de voiture en 2 jours (veille et avant-veille), j’avais « dormi » dans la voiture sur le parking de Beaufort avec la fête foraine et les auto-tamponneuses jusqu’à 1h du mat’, mon réveil s’était déclenché vers 3h alors que je m’étais difficilement endormi à cause des lumières publiques, il faisait plus de 30°C et j’avais peu bu, j’avais testé des aliments pendant la course (gels à vomir), j’étais parti comme une balle (pour mon niveau, hein)…enfin bon, tout pour que j’atteigne péniblement le plateau du cuvy (km 25) au bord du malaise et que j’abandonne donc lamentablement.

Le soir même, je me jurais de revenir en 2011 pour…TERMINER !!!

L’avantage d’avoir eu tout faux la 1ère fois, c’est que je ne pouvais que faire mieux.

Après une bonne nuit au camping de Beaufort cette fois, je me suis levé assez frais. Le temps de se préparer, d’aller chercher mon dossard, de croiser une 1ère fois Coach Jack devant la liste des participants et de faire les présentations (1ère rencontre kikou) puis de venir redéposer la voiture pour mon « assistance ».

J’allais ensuite vers le départ en mode échauffement avec Fabrice des charentes qui m’ayant vu devant ma toile de tente m’avait gentiment attendu.

Après ces 1500m tranquille en mode discussion jusqu’à la ligne de départ, il était temps d’écouter les recommandations de François Camoin sur le parcours, les favoris en présence et d’attendre le décompte du départ.

C’est parti !!! 1er objectif pour moi, partir LENTEMENT, même si ça me parait un rythme trop lent. Voyant Coach Jack à côté de moi, je décide de voir ce que ça donne dans sa foulée, même si je l’imagine bien plus rapide que moi dans l’absolu (j’ai lu un de ses récits et il a une vitesse de base que je n’ai pas). Mais comme il m’a dit qu’il était là tranquille pour préparer la TDS et qu’il est habitué au long, je me dis qu’il doit plutôt gérer son départ.

Je le suis donc les 2 premiers kms, de toute façon, c’est pas facile de doubler sur cette partie et c’est déjà bien assez dur cette montée à « quasi » froid. J’observe mon cardio qui me dirait presque de ralentir mais je sais qu’après ces 2 bornes, il y a un peu de route et de la descente.

Arrivé en haut (les villes dessus), à la faveur d’un léger ravito en eau, je passe devant coach jack qui s’est arrêté. Je me retourne plusieurs fois ensuite pour voir où il est mais je ne le vois plus…il me rattrapera certainement plus tard.

Suis une descente dans laquelle j’avais allumé l’année dernière : cette fois, je suis beaucoup plus prudent. D’une part, c’est plus humide, l’herbe en dehors de la trace est plus haute et je veux absolument que mon cardio redescende et préserver mes cuisses.

C’est ensuite la montée vers le Bersend. Je m’étais aussi mis dans le rouge l’année dernière, je fais donc attention mais je double quand même quelques personnes qui n’ont apparemment pas récupéré des 2 premiers km…l’avantage de connaitre un peu le parcours. J’avais vaguement estimé arriver au bou d’1h à ce 1er ravito officiel et j’y arrive en 57’40, très bien. Je reconnais à ce moment le seul junior de l’épreuve qui a dormi dans la voiture avec sa mère au camping. J’engage la conversation et on fait un bout de chemin ensemble.

Mais dès que ça remonte un peu plus, il me lâche facilement…je suis raisonnable. Je le rattrape plus loin à la faveur d’une pause technique et double quelques concurrents dans cette partie jusqu’à Crêt Gerel, dont Patrice, un sarthois (dossard 180) que j’avais en point de mire depuis un moment (pause technique pour lui aussi). Il me rattrape et se cale derrière moi. Je fais à nouveau la conversation avec Xavier, le junior, jusqu’au pied du col du pré où après lui avoir montré par où passait le parcours, je l’invite une nouvelle fois à ne pas m’attendre (il ne l’aurais pas fait de toutes façons mais une façon de ne pas être tenté de le suivre), il est vraiment meilleur grimpeur que moi.

Je monte donc au col à mon rythme, je me fais doubler 2 fois mais je rattrape aussi du monde, dont Fabrice le charentais que je n’attend pas très longtemps car il est un peu scotché.

Au ravito du col du pré (atteint en 2h, pile ma prévision), j’enchaine assez vite après 2 verres de san pellegrino (très bonne idée cette eau pour les ravitos !!!) car je me sens pas mal du tout. Patrice (Dossard 180) est toujours derrière moi…je lui propose de me doubler mais il a l’air de s’être calé juste derrière, à mon rythme, volotairement. On monte pas mal du tout, on double la 2ème féminine (dossard 162) qui monte tranquille et sans trop de difficulté finalement, on arrive à la roche parstire où le vent, quelques gouttes et la T°C me font hésiter à sortir le coupe-vent.

Après quasi 2km de crête, il est temps d’engager la descente qui m’avait achevé l’année dernière. A peine le temps de dire à Patrice que le début n’est pas top et assez glissant, je fais un tout droit dans un virage…Je crois poser le pied sur le sol dans des grandes herbes…mais les grandes herbes sont TRES grandes et je bascule dans le ravin. A peine le temps de flipper, je glisse quelques mètres plus bas, arrêté par les arcosses (ça ménerve l’hiver mais là, je suis content de les trouver). Je remonte grâce aux bâtonset reprend la descente devant Patrice qui a finalement plus flippé que moi, j’ai l’impression.

On fait la descente assez tranquillement, on en profite pour commencer à mieux se présenter. Il est en savoie depuis 3 semaines et prépare le GRP. On arrive à Saint-guérin, ravitaillement du 19ème km : je me sens vraiment bien et je suis content de retrouver Karine qui m’attend avec ma poche à eau de rechange.

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Patrice repart rapidement pendant que je fais 3 minutes de pause (changement poche) et je repars tranquillement car je sais qu’après les 1,5km qui longent le lac, ça remonte sur 400m environ.

Attention à la descente pour rejoindre le barrage

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et c’est reparti…tout seul cette fois

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pas longtemps car Vincent (dossard 205) fait l’effort pour revenir à ma hauteur et m’explique que je suis son point de mire depuis le début de la course. Il me demande comment est la montée suivante et on rattrape la féminine qui m’avait redoublé au ravito et on se cale derrière elle pour la montée vers grangettes.

Elle nous dit qu’elle ne peut pas aller plus vit, ça tombe bien, moi non plus, j’ai un coup de moins bien à ce moment et un adducteur qui siffle un peu.

Je laisse un peu filer vers le haut en espérant me refaire mais je suis un peu inquiet tellement j’étais bien jusque là. Je me reconcentre uniquement sur moi et mon rythme et je vais tranquillement jusqu’au plateau du Cuvy où je n’ai que quelques secondes de retard, ce qui me rassure : a priori, ça n’est pas un gros coup de bambou. Je dépasse alors l’endroit où j’avais abandonné l’année dernière au bout de 5h10…ça fait à peine plus de 4h que je suis parti, ça me redonne le moral !!

La descente est raide du fait du changement de parcours : cette descente de la rouge de grand mont, je la préfère en snowboard l’hiver que à pied l’été. En plus je me prend les pieds dans le tapis et je me gaufre ridiculement…j’aurais pu en rire sauf que cette chute me provoque une bonne crampe au mollet et ça me contrarie. Je repars sur des oeufs jusqu’en bas en ayant en point de mire Vincent pas très loin devant…Je vois bien qu’il a mal aux jambes.

J’arrive donc à Arêches avec des bonnes jambes car j’ai descendu mollo : plus de crampe au mollet, l’adducteur va bien et je sais que Karine est quelque part à m’attendre avec son appareil photo.

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j’arrive au ravito où je retrouve Patrice qui profite de la fontaine : je fais de même en mouillant la casquette car le soleil a pointé et ça commence à chauffer.

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On repart tranquille et Patrice me propose de terminer ensemble les quelques km qui restent. Finalement, ça me va bien, je sens que j’ai des bonnes jambes encore et il a l’aire d’aller pas trop mal aussi même si je viens de le rattraper.

Allez, c’est parti

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on y va donc tranquille et comme me l’avait dit nikoureur l’année dernière, c’est pas franchement plat cette partie. Ca monte effectivement plus que ça decend pendant 3km et sur la demande de Patrice, on marche à un bon rythme dans ces montées mais on marche…ça me va mais par moments, ça me titille.

ça n’en fini plus ces faux plat…ah si, après un dernier léger ravito (un petit coca pour la route), on fini par basculer vers Beaufort. J’ai franchement envie d’attaquer mais Patrice est carbo. Je me retourne régulièrement en l’encourageant. On voit un chalet, on entend le torrent, l’église…ça y est, on arrive. J’ai des jambes de feu, j’y crois pas vraiment de finir nickel.

On decide de finir ensemble, on a dû faire les 2/3 ensemble et le reste jamais à plus d’1 ou 2 minutes l’un de l’autre.

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voilà, c’est l’heure de l’interview par François Camoin…

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…l’heure de manger, de se laver, de regarder la remise des prix puis d’aller au camping ranger les affaires avant de rentrer à la maison.

Je croise coach jack qui arrive quelques minutes après moi…pas eu trop le temps de discuter de la course. Quelques impressions échangées avec Fabrice des charentes qui a souffert dans les descentes apparemment, Vincent qui a les tibias en feu…

Je suis content d’avoir atteint mon objectif qui était de terminer. En plus, je pensais mettre plus près de 6h que 5h15…mais c’est pas le plus important. J’essaierai quand même moins de 5h si je reviens l’année prochaine (même si parcours différent)

Je suis content car j’ai évité la déshydratation de l’année dernière et de ma course de prépa fin juin. Même si je n’ai pas encore assez bu, j’ai fais un effort et c’est bien. ça m’a aussi réussi de suivre les conseils glanés sur le post de l’hydratation par papy : sous prétexte de parer à une hypoglycémie, je ne me suis pas gavé de gels, barres et autres nourriture en plus de ma boisson qui m’auraient conduit à un blocage gastrique. J’ai tourné uniquement avec ma boisson, 1 ou 2 verres de san pellegrino à chaque ravito et un verre de coca à 3 bornes de la fin.

Pas du tout de solide et sur 5h, ça le fait nickel.

désolé pour le roman…en tous cas, tous ceux qui hésiterons l’année prochaine à faire ce trail, je ne peux que leur conseiller : l’ambiance est super, le cadre est magnifique, le parcours vraiment agréable (sauf le ravin).

A+ dans l’bus !!!

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Une réponse à “Frison Roche 2011 : ça fera pas avancer l’histoire de la CAP, mais je suis content de ma course…

  1. Pingback: Le programme de 2014 !! | Objectif trail·

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