CR du Maratrail de Faverges – 15 juin 2013

Après l’utra des coursières des hauts du lyonnais le 11 mai dernier, le maratrail de Faverges est ma dernière course avant l’objectif principal de la saison : l’ultra tour du Beaufortain le 20 juillet.
Il s’inscrit dans la préparation et mon « coach » l’a vraiment vu comme une sortie longue où on pousse un peu plus les chevaux. C’est à dire que la préparation autour de la course ne ménage pas trop de repos, à peine quelques jours avant et rien après.
Mais le contre-coup de plusieurs paramètres dont les 100 bornes du mois précédents font que je zappe une des sorties longues du WE précédent (35km) : depuis le début de la prépa, c’est la seule fois où je décide de supprimer une sortie.
Avec le recul, ça m’a fait du bien, même si ça a un peu court-circuité un bloc de travail important (3 jours consécutifs à 30km de moyenne).
Le vendredi 14 juin, j’arrive donc avec toute la petite famille du côté d’annecy chez un copain qui nous héberge pour le WE.

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On cherche des solutions pour le port du dossard impossible à découper ou plier (le dossard intègre l’électronique pour le pointage)

Une soirée sobre du coup et un couché vers minuit avant un réveil à 5h30 car arclusaz (laurent) et bruno passent me prendre en voiture à 6h20.

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lever du jour sur le lac d’Annecy avec la Sambuy au fond

La synchro est quasi parfaite et à 6h45, on est garés à Faverges, pas loin du départ.
Passage au retrait des dossards pour mes 2 accolytes (je suis passé de mon côté la veille en arrivant, j’aime bien avoir mon dossard avant), classique arrêt technique et pendant que Laurent et Bruno se préparent tranquillement, j’essaye de faire une partie de l’échauffement prévu…

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L’aigle des Bauges et le faucon de Lozanne

Quelques tours de square puis direction la ligne de départ où je me faufile pour aller vers l’avant : objectif partir devant puis rester à mon rythme, ce qui n’est pas facile pour moi, souvent entrainé par ceux qui m’entourent.
Après le briefing

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et quelques minutes d’attente,

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c’est le départ pour une traversée de Faverges. Je cours tranquille et comme prévu, je me fais doubler de tous les côtés.
Après 2-3km, rachele me double, bien concentrée.

parcours

profil

Au menu aujourd’hui : carte et profil

Il fait déjà chaud et c’est parti pour une grande transpirante. La montée se passe pourtant tranquillement, en file indienne et sans trop possibilité de doubler mais quand il y a un trou de souris et que ça traine, il faut être vigilant pour se faufiler.
Je pointe au km8 à la 230ème place et je me sens bien dans cette montée.
Il y a juste le cardio qui monte beaucoup mais j’ai l’impression qu’il débloque et que certaines fréquences sont fausses…pas top vu que j’étais sensé courir au cardio !!
La sortie de la forêt annonce la fin de la montée même s’il reste une jolie traversée en balcon puis une montée finale plus minérale et la présence de quelques névés.

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sortie de la forêt et sentier en balcon

Je double encore régulièrement du monde et arrive assez frais en haut de la sambuy, juste délesté de 2 litres de transpiration au moins !!! (j’avais bien fait mon hydratation d’avant-course !!)

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Traversée de névé et arrivée en haut de la sambuy

Un petit coucou à la famille venue en télésiège ouvert et gratuit spécialement pour la course, une pause/pose photo

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et je leur donne RDV en bas du télésiège pour le ravito de la mi-course où on aura plus le temps de discuter.

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panorama du haut du télésiège de la sambuy

J’en profiterai aussi pour récupérer mes bidons de rechange préparés pour l’occasion et transportés par ma femme.
La descente par la piste caillouteuse qui serpente au milieu des pistes est moyennement intéressante mais assez rapide.

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descente par la piste

Une bonne occasion de casser de la fibre et de se détruire les cuisses pour la fin de course !!
Je double d’ailleurs rachele au début de cette descente qui prend sont temps et me dit préserver ses jambes pour la suite : moi, je m’en fous, je bourre (avec mes moyens et mes adducteurs sensibles) et je double.
J’arrive au ravito en une bonne 20aine de minutes et je termine mes 2 bidons de 750ml puis scrute l’assemblée pour voir mon assistance : je ne vois personne…
je navigue à droite, à gauche mais ils ne sont pas là…je ne me ravitaille même pas du coup, trop occupé à regarder le télésiège qui descend et à faire des A/R entre le haut et le bas du parking.

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Ravito vu du télésiège

J’appelle ma femme 7 ou 8 fois mais je finis toujours sur le répondeur…avec le téléphone d’un pote présent, c’est direct la messagerie…
Au bout de 10 minutes, voyant tout le monde me passer devant, je décide de ne plus attendre, je vais aux tables manger un bout de banane, prendre 2 tucs et remplir mes bidons avec moitié eau/moitié coca. Je ne tente pas la boisson énergétique d’une couleur peu appétissante.
Je rappelle une dernière fois puis je me résigne à repartir : il seront un peu déçus d’être venus et de m’avoir vu passer 30 secondes à la sambuy…
Au pointage qui suit le ravito, je suis 192ème alors que j’ai bien perdu 20 places au moins…J’ai du mal à me relancer et à refaire partir le cardio : pendant un moment, je suis sur un faux rythme, et j’ai les jambes moins dynamiques.
Pourtant, j’arrive rapidement sur la redescente vers Glaise (déjà passé à la montée) avec au début, 1 passage pentu et très boueux : il faut se tenir aux branches ou bien débrancher le cerveau, ce que je ne fais pas.
ça fait bizarre de refaire le parcours de l’aller en sens inverse, surtout qu’il y a un bon morceau avant le hameau de Glaise.
Et puis d’un coup, on tourne à gauche et ça monte raide : certains concurrents devant moi font un détour pour aller se mouiller la tête au point d’eau à 50m. J’hésite car lors de la 1ère montée, ça m’a fait le plus grand bien mais je sens que j’ai un peu moins la pêche et je n’ai pas le courage.
Je monte donc au train, ni vite, ni lentement et j’essaye de m’alimenter un peu comme depuis le début. Je tente d’anticiper au lieu de réagir comme d’habitude.
J’ai quand même du mal à boire car je m’était préparé à avoir mon bidon avec de la menthe et j’ai le fadasse mélange eau/coca, pas mauvais sur l’efficacité mais pas franchement bon.
Rapidement, j’arrive sur la route qui précède la piste le long du Saint-ruph : j’avais bien repéré suite au changement de parcours cette partie que j’avais imaginée pénible. Effectivement, ce sont 3-4 km en faux-plat montant, du pourcentage où quand tu es un peu fatigué, tu as la flemme de courir mais que quand tu marches, ça n’avance pas.
Et contre toute attente, j’arrive à me booster et à courir, là où quasiment tout le monde marche. Je double à nouveau pas mal de monde sur ces quelques km, même les rares portions où je passe en marche rapide.
Beaucoup semblent un peu cuits et désespérés lorsqu’au détour d’un virage, ils voient à nouveau une ligne droite à perte de vue en faux-plat montant.
bon, ça reste du faux-plat montant…parce qu’après la passerelle au bout de cette piste, ça monte super raide : c’est parti pour la 2ème « bosse » jusqu’au ravito de la sarve, soit 450m de D+.
Je suis sur un rythme correct sans plus mais je double encore du monde. Le sentier devient moins pentu et j’arrive à la maison forestière où une source permet de se raffraichir la tête : je resterais bien sous le robinet !!!
Je repars rapidement en doublant un peu et passe au pointage un peu plus loin, au début d’un sentier plus étroit, technique et surtout boueux.
Je suis en position 149 donc 43 places gagnées depuis la mi-course : ça correspond bien au ressenti d’avoir doublé régulièrement même si mes sensations sont correctes mais sans plus depuis la sambuy et mon arrêt prolongé.
Le reste de la montée est donc marqué par quelques passages bien boueux en forêt puis on débouche sur des chemins caillouteux et plus ensoleillés.
Ma montre ayant correspondu pile-poil depuis le début aux données de l’organisation, ça me permet de savoir que je ne suis ni loin en distance, ni en D+ du prochain ravito.
Effectivement, je vois le refuge au bout d’un chemin, j’accélère un peu et j’ arrive il y a pas mal de monde car c’est le point de rencontre des parcours des 2 courses.

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Arrivée au dernier Ravito

Je ne sais pas trop quoi prendre au ravito…finalement, je demande le remplissage des bidons en mélange coca/eau et je crois que je ne grignote rien…pas bon signe quand l’appétit n’est plus là.
Et pour les bidons, en fin de course, il faut plutôt que je fasse un bidon coca et un autre eau pure…pas lucide le gars là dessus !!!

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Ravito de la Sarve

Je passe le pointage en 142ème position, 7 places de mieux en 2-3km, c’est bien.
Après ce ravito, début de descente vers Faverges ? pas tout à fait, ça remonte encore un peu avant de pouvoir tout lâcher pour presque 1000mD- en 9km.
Je fais le début de descente tranquillement car je sais que ça va être long. Il y a pas mal de point de mire avec la fin du peloton du 23km qui égrène les concurrents à espaces réguliers.
C’est d’abord et encore une descente sur piste caillouteuse, pas très ludique. Puis on arrive dans les arbres, et à la séparation des 2 parcours : je suis dans un petit groupe de 5 concurrents et tous semblent aller à peu près au même rythme : certains prennent un peu d’avance dès que ça descend mais calent dans les remontées.
Juste après la séparation, il y a d’ailleurs un bon coup de cul que j’attaque bille en tête sauf qu’au bout de 20 mètres, je crampe des 2 cuisses en même temps, a priori les vastes internes : un sporténine, je bois un coup et ça repart à peu près, un peu sur des oeufs quand même.
Le parcours devient bien sympa pourtant avec un sentier étroit qui serpente en faisant des longues traverses dans la forêt.
Tout le petit groupe se suit un bon moment à la file puis la pente s’accentue, ça tire un peu plus sur les cuisses et je prends le large sur le groupe.
Je suis pas trop mal (pour une fin de course), il reste 4-5 bornes et je débouche sur la piste déjà utilisée en début de course…j’ai horreur des pistes et des routes et ça me plombe. Je passe 131ème à ce dernier pointage avant l’arrivée, encore une 10aines de places gagnées mais c’est un peu le début de la fin pour moi, je cours toujours mais sans conviction et sans trop d’énergie. C’est pas très étonnant car autant je m’étais pas mal alimenté toute la course, j’ai un peu négligé les 10 derniers km, en pensant en avoir assez jusqu’à l’arrivée…mais non…
Je connais donc la fin du parcours, les annonces des bénévoles et spectateurs confirment les données de ma montre, ça va être 3km assez longs.
La tendance s’inverse et je me fais doubler un peu sur les derniers hectomètres dans les bois : c’est là qu’un peu de coca pur dans un bidon aurait été utile pour se booster pour la fin.
Je rejoins la route pour le dernier km, appelle ma femme pour lui annoncer mon arrivée prochaine et je prends mon courage à 2 mains pour essayer de courir du mieux possible.
Forcément, on ne rentre pas au plus direct vers le départ du matin mais on fait un tour pour arriver par derrière et terminer par un demi-tour de square.

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Arrivée en vue de l’arche

La famille est là à m’attendre, un petit coucou et ce sont les derniers 100m au milieu des nombreux spectateurs, de la musique et de l’ambiance moins feutrée qu’à 7h le matin.
Un petit coup d’oeil derrière pour être sûr de pas se faire doubler (faut pas déconner à 100m de la fin quand même) et je termine en trottinant.(j’aurais sprinté s’il avait fallu).
Je vois un de mes gars qui traverse le square en courant pour rejoindre la ligne et un copain qui m’attends derrière l’arche pour prendre une photo.

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Arrivée

Je termine 138ème, soit 7 places perdues sur la fin mais j’aurai quand même fais quasi toute la course en doublant, donc gestion positive quand même.
Je suis un peu cuit pendant 1 ou 2 minutes mais finalement, pas ma réaction habituelle que j’attendais du fameux coup de mou post-course.

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ça va pas trop mal finalement !!

Avec un peu d’hydratation et en mangeant un peu, je pense que je me serai refait assez rapidement.
Je récupère donc vite sans avoir envie de manger (plus besoin de se forcer dans l’immédiat, c’est fini) et rejoins la pelouse pour me poser quand même.
On s’assoie donc à l’ombre et les enfants retournent faire de l’escalade, jouer dans la structure gonflable, jouer à des jeux en bois et même faire une initiation aux premiers secours avec une équipe de la croix-rouge.

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Animations sur l’aire d’arrivée

Il faut reconnaître que l’organisation de cette course est vraiment exceptionnelle : de la remise des dossards la veille à cette fin de course, tout est bien dimensionné, prévu. Le site départ/arrivée est superbe (il faut dire qu’il fait beau aussi) .
Le fameux point noir des arrivées de course est solutionné : des douches mobiles sont installées sur le site, en plus des douches au stade un peu plus loin.

Y’a juste le parcours qui ne m’a pas totalement emballé…attention, c’était quand même sympa, hein !!
Mais du fait de la neige, le parcours a été changé et la partie de substitution n’était pas extraordinaire à faire : un bon bout du trajet du matin à refaire dans l’autre sens puis une montée longue sur route puis piste qui n’était pas super.
Enfin, mais là c’était le parcours d’origine : dommage de descendre par la piste sous le télésiège de la Sambuy. Alors je ne connais pas les sentiers de la sambuy mais c’est vite descendu sans trop de plaisir.

Une fois la douche prise, j’appelle Laurent pour savoir où il en est : il a été lâché par Bruno qui navigue une bonne 1/2h devant et après avoir un peu galéré mais passé les barrières horaires, il se trouve terminer la course avec les serre-files. J’ai vraiment envie de les attendre mais mes accompagnants commencent à trouver le temps long depuis ce matin à 8h et je n’insiste pas pour rester. On attends quand même 5-10 minutes car les podiums sont annoncés et je souhaite voir celui d’Aline mais il faut d’abord faire tous les podiums du 23km, toutes les catégories et finalement, nous partons.

Juste avant de rejoindre la voiture, je croise l’homme sandwich Florent qui accompagnait un collègue sur cette course : on discute 30 secondes avant qu’il ne rejoigne l’arrivée et moi, la voiture du retour.
Je peux maintenant profiter de la soirée et du reste du WE : un bon apéro, une soirée sympa et un petit tour au décollage parapente du col de la forclaz le dimanche avant un tour sur le lac et le retour à la maison.

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Décollage de la Forclaz et vue sur le lac d’Annecy (Talloires)

un très bon WE avec une course sympathique : restent 5 semaines avant l’Ultra Tour du Beaufortain le 20 juillet. Encore de grosses séances et beaucoup de volume en perspective pendant 3 semaines avant de passer en mode récup.

6 réponses à “CR du Maratrail de Faverges – 15 juin 2013

  1. Belle maîtrise de course ( ca sent la patte du coach ). Une ultime répétition avant le jour J qui arrive. Le parapente pour les descentes , c’est une bonne idée (‘_’). Bon jus ………..

  2. tu te ballade de plus en plus sur ce genre de format : normal, tu te connais de mieux en mieux.
    Pour le coca pur en bidon, pas sur que ce soit une bonne idée : j’ai failli tuer une concurrente du MMB. Au bout d’un moment, la pression est tellement forte (même avec un bidon à moitié rempli), que le bouchon explose !!!! à tester donc……
    encore 15 jours avant l’échéance ! j’étais dans le coin ce WE, tu vas te régaler…..

    • ouais, c’est bien pour ça que je ne le fais pas en général (le coca pur).
      ceci dit, avec un bon bidon, si tu pense à lâcher la pression 2-3 fois dans les 10 minutes, après c’est bon (testé à la nuit des cabornes avec bidons isostar)
      En tous cas, merci pour ton commentaire : balade, balade…disons que je gère un peu mieux !!! je suis pas complètement dans le rouge au bout de 2km…juste à l’orange !!!

  3. bon, presque plus qu’à attendre maintenant … Merci pour ton récit et les photos, on voyage bien mieux comme ça. Par contre, pour l’ UTB, tu emmène ton appareil photo ? et puis juste en passant, la caféine du coca boost mais déshydrate aussi, ce qui peut donner des crampes chez certains sujets. A toi de voir. Perso c’est jamais en course longue mais on est pas tous égaux. reposes-toi bien et reste à l’ombre !

    • Pour le coca, pas le choix meme si pas prévu.
      J’avais prévu autre chose !!
      Sinon, je le réserve pour les fins de courses.
      Pour l’appareil photo, c’est 120gr pour 5-6 photos…c’est pas optimisé je sais !!!

  4. Ça à l’air si simple à te lire ! Fin prêt le Jano !
    A bientôt dans le Beaufortain avec le soleil.. et la neige !!!
    Jack

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