Ultra Trail du Vercors 2016 : prendre le départ d’un ultra avec une patte folle.

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Pas de compte-rendu cette fois…ou alors un vite fait pour agrémenter la vidéo et la remettre dans son contexte.(arghhh !! finalement j’en ai fait un !!)

Alors cet UTV, c’était pas vraiment prévu puisque j’allais cette année une nouvelle fois fin juillet sur l’UTB et donc ma saison d’ultra montagne devait s’arrêter là.

Mais comme la malédiction des années paires (et ma légendaire gestion merdique des courses) m’a encore contraint à abandonner lamentablement (ceux qui me connaissent connaissent l’histoire), j’ai eu droit à mon « joker » course en m’inscrivant mi-août pour l’UTV…(trop bien ces courses où on peut s’inscrire 3 semaines avant)

Bon, l’UTV, c’est pas un choix par défaut attention !!! Juste que depuis 4-5 ans, j’avais bien envie d’y aller vu que je vais skier à Autrans régulièrement, mais c’est le WE de la rentrée et c’est toujours un peu speed ce WE là.

Toujours est-il qu’en août, entre les barbecs bi-quotidiens, les apéros de bretons….bi-quotidiens, et l’unique footing quotidien (déjà pas mal), j’ai tant bien que mal essayé de garder une forme me permettant de faire les 85km de l’UTV.

Bon, ça, c’était sans compter sur une très mauvaise imitation de Yohan Diniz le 20 août sur la plage qui a projeté mon genou contre un solide rocher pas décidé à reculer lors de l’impact. S’en est suivi 3 semaines de traitements d’auto-médication à base d’anti-inflammatoires de fonds de tiroirs, ne serait-ce que pour déjà pouvoir marcher.

C’est donc pas confiant du tout sur ma capacité à terminer le parcours que je me présente à la remise des dossards le vendredi 9 septembre. Je sais que les montées et les plats, ça va aller, mais en descente, ça va de la petite douleur pénible à la très grosse douleur dès qu’il faut lever le pied à plus de 3cm de hauteur.

Le traceur en chef me rassure en me disant qu’il n’y a que les 2 premières descentes à passer et puis qu’après, c’est plus tranquille…mouais…après la nuit dans la voiture sur le parking du foyer de ski de fond, réveil à 4h, pas de trop pour me préparer comme si c’était la 1ère fois que je me préparais pour un ultra à 4h du mat’…jo panique !!

Bon, même pas le temps de passer au petit déj’ de l’orga (la lose), faut déjà aller sur la ligne de départ. La tactique est claire (comme d’habitude) : partir tranquille…bon, j’ai jamais réussi, ça. Gilles me rejoint sur la ligne et sa tactique est claire : partir hyper tranquille (cause mal de bide récurrent). A 2, on va peut-être y arriver.

depart

C’est donc comme ça qu’on passe la ligne de départ à l’arrière du peloton de 330 coureurs : ça fait super bizarre de se retourner au bout de 200m et de n’avoir aucune frontale derrière !!! On fait les 2 1ers km comme ça, avec 2-3 autres coureurs, je m’arrête même enlever un caillou dans la chaussure puis on attaque la 1ère monte en marchant, hyper tranquille en discutant et on arrive à doubler un petit peu. Puis je pars seul devant, essayer de prendre un peu d’avance avant la 1ère descente que je redoute beaucoup. Dès la bascule au pas de bellecombe, j’ai tout de suite mal et je descend en crabe avec ma bonne jambe devant qui prend le maximum des impacts…au niveau des orteils aussi d’ailleurs. La frustration est assez grande parce que sur la descente, même si je double 4-5 personnes au total, je peux pas réellement courir mais j’arrive à boitiller les 800m de D-.

pont-engins

J’arrive donc à la route qui traverse Engins avant la remontée vers saint-nizier par le pas de la corne. Le jour se lève et c’est bien que ce soit à cet endroit, c’est joli.

pas-de-la-corne

saint-nizier

Je double encore un peu dans cette montée, par grappes de 3-4 coureurs mais sans forcer ni monter le cardio. Juste avant le ravito, je prépare les bidons vides et après avoir pointé (260ème environ), c’est top-chrono, je repars du ravito en 1 minute après avoir doublé au moins 40 ou 50 personnes qui s’éternisent un peu. Du doublage facile quoi. Après Saint-nizier, c’est du roulane jusqu’à Lans avec quand même la descente des gorges du Bruyant que j’avais trouvé plus longue en montée lors d’un off. Par contre, lever les pieds pour éviter cailloux et racines et monter sur les ponts qui passent le torrent, ça pique le genou. Enfin bon, ça remonte derrière et en marchant en montée, ça va…

saint-nizier-lans

je double encore quelques grappes de coureurs avant Lans (pointage en 190ème à peu près) et pareil qu’au 1er ravito, j’ai tout préparé avant, les rampes de robinets sont nickel pour remplir rapidement bidons et flasques et en 2 minutes, je suis reparti (ouais, je coûte pas cher à l’orga en ravito je sais).  ça commence par un peu (trop) de route puis de la montée un peu raide mais facile, on traverse une route et on attaque la partie bien sympa avec du raide, des cailloux et des jolis paysages bien dégagés. Je croise Patrick, le traceur en chef qui me dit encore une fois que je n’ai qu’à tenir la descente du pic saint-michel, après ça devrait aller…mouais.

Toujours est-il que cette montée se passe bien, je fais des pauses pour filmer un peu mais après analyse, j’ai quand même un peu transpiré et j’ai un peu accéléré. Mais le départ tranquille fait qu’à ce moment, je suis encore plus frais que ceux que je rattrape.

pic-saint-michel

Passage avec le sourire au pic saint-michel, faut dire qu’avec la vue et la météo, ça serait dommage…y’a juste une brume un peu tenace  mais bon. J’appréhende la descente qui suit et effectivement, je suis encore vraiment frustré car j’aurais pu me faire plaisir au lieu de douiller à chaque foulée.

dsc02034

pic-saint-michel3

pic-saint-michel2

col-arc

descente-villard

La fin de descente avant villard de lans est longue et je commence à avoir chaud, je la trouve bien pénible…et Villard, c’est grand dis donc, je pensais pas autant. Je pointe (110ème je crois) puis je tente le 3ème ravito express, le temps de filmer un peu et de remplir les bidons.

ravito-villard

Petit coup de fil à ma femme en sortant de Villard en attaquant la montée suivante tout de suite bien raide…je dis à ma femme que je courote, une dame au bord du chemin rectifie en me disant que je marchote…ça me fais rire…pas longtemps en fait…je raccroche et là…petit coup derrière la tête. Ma vitesse ascentionnelle s’effondre, j’ai mal au bide, y’a plus rien qui va. Je double quand même un gars, signe que je ne recule pas. Le rythme des relais qui me double s’intensifie un peu. Arrivé en haut de ce sommet (Meillarot ?), j’attaque une descente à envoyer du bois et moi, j’envoie de la brindille. Je finis même par m’arrêter pour une pause technique en partie psychologique.

Je repars, il reste 1 ou 2km à courir avant Méaudre, de la bonne relance où j’avance pas sur cette « via Vercors ». J’arrive quand même à Méaudre où c’est un peu la cohue avec changement de relayeur pour les relais 2 et les relais 4. Le ravito solo est bien séparé, ce qui est une très bonne idée. J’ai perdu de la lucidité et met un temps fou à remplir les bidons. Je reste sur ma stratégie de ne pas manger, j’ai à manger sur moi de toutes façons. Et je repars en pointant à la sortie du ravito, 90ème, ce que je ne sais pas à ce moment là et qui est plutôt flatteur vu mon rythme. On m’avait pas vanté la montée au gros martel à 1500m et des poussières et effectivement, c’est pas gai. J’avance à rien, je crois même un moment que mon alti déconne en m’affichant une vitesse de 420m/h…mais non, je suis scotché.

Sur la 2ème partie, y’a le bouk qui m’encourage et qui fait même quelques mètres avec moi en remontant en moonwalk sur 1 pied tellement j’avance pas. Les relais encouragent aussi en doublant et c’est bien sympa de leur part. La montée au gros martel se fait en 2 temps et je la trouve interminable à ne pas voir le haut. Enfin, j’y arrive avec la vue dégagée juste sur le haut.

gros-martel

Mais qui dit haut, dit descente et le profil indique encore 8-900m de D- à priori assez pentu. Et forcément, j’ai mal donc j’avance pas. Pourtant la 2ème partie de cette descente vers la basse valette est vraiment très sympa, du petit single bien étroit qui tournicote dans des pentes raides, l’idéal pour s faire bien plaisir…une autre fois !!

basse-valette

Arrivé en bas, il y a une petite bosse qui paraît insignifiante sur le profil pour rejoindre Rencurel. Les 100 premiers mètres de D+ passent bien mais la suite est à nouveau laborieuse, un peu séché le gars, j’arrive à peine à relancer sur le haut pour redescendre sur le village. La vue est sympa et on entend la bonne ambiance avec la musique et les encouragements.

rencurel

Accueil personnalisé au micro pare « Béné » (bien les prénoms sur les dossards), pointage (80ème environ) et orientation vers le ravito au micro, je peux pas me tromper.

rencurel-ravito

Je retrouve aussi 3 des membres du relais à 4 ITWT qui attendent leur relais 3 que j’ai contenu in extremis. Je suis à nouveau bien empoté avec mes bidons, la poudre, le sirop de menthe…je suis un peu nauséeux mais je tente quand même le coca pour me relancer : avec le coca, ça passe ou ça casse mais ça évite en général de rester sur une mauvaise pente trop longtemps. A nouveau des rampes de robinets avec plein de pression, j’y passe la tête au moins 10 fois.

Au bout de 10 minutes à faire des AR entre robinet et table du ravito, où je ne mange à nouveau quasi rien à part 2 petits morceaux de banane, je repars un peu mieux il me semble. Je sais que j’attaque 8-9km de légère montée régulière entrecoupée de relances. Tout pourrait se courir d’ailleurs, ce que font forcément les relais, mais j’y arrive pas comme j’avais « prévu » de le faire. A peine 2-3 relances de 50m mais la tête veut pas et je me dis que marcher vite sera déjà très bien.

rencurel-suite

Ceci dit, beaucoup de solos font comme moi. Je double même Sébastien, blanc comme un linge qui vient de se vider…c’est plutôt bon signe en général, ça enlève le blocage et ça repart : il a pas l’air convaincu. C’est de mon côté la partie la plus longue où le temps ne passe pas vite, avec le passage dans la réserve biologique intégrale qui ne me laisse pas un souvenir impérissable, entre le faux-plat sans fin et la végétation plutôt composée d’orties. ça finit par descendre (toujours au ralenti) pour arriver aux ruines en chartreuse où il y a le dernier pointage (70ème, je gagne encore des places, dingue !!). Je suis en surchauffe et heureusement, on traverse un petit torrent où je peux mouiller la casquette et me rafraichir. ça va quand même pas bien vite, tout le monde est à la lutte et c’est chassé-croisé permanent avec les même concurrents : ilcourtlefuret, darrycool, PetitManseng…A nouveau, c’est reparti pour du faux-plat montant pour arriver jusqu’au dernier ravito au Rivet. J’y fais un ravito de zombie encore en y restant bien 10 minutes à gesticuler au ralenti sans être efficace. Je finis même par m’assoir pour prendre 2 bols de soupe qui me font le plus grand bien. Le gars du ravito annonce 40-45 minutes de montée : la moitié tranquillou et la 2ème moitié bien raide pour atteindre le pas de montbrand. Je sais qu’il me reste donc 1h30 maxi avant l’arrivée.

rivet

1h30 à me faire violence pour avancer. La fin de montée raide, qui devrait plutôt me plaire est difficile, je fais beaucoup de pauses. Heureusement, les indications de temps étaient bonnes et j’arrive quand même assez vite en haut. Petite discussion avec cyss au pointage, ça me permet de souffler un peu même si je perd quelques places et c’est parti pour la descente.

montbrand

montbrand2

C’est pas difficile de reconnaitre les solos à l’allure. Il y en a un qui fait une embardée très bizarre mais qui repart finalement bien droit. Je gratte petit à petit « ilcourtlefuret » puis le double car il mène 2 genoux à 1. Puis à la sortie de la forêt, on voit la longue piste au milieu des champs pour rejoindre Autrans et là, ça m’achève : même sur le plat, je marche et je perd à nouveau 1 ou 2 places. M’en fous, y’a plus personne derrière et c’est la fin.

Je relance quand même en récupérant le goudron dans Autrans pour arriver en courant…

arrivee

arrivee2

outch, c’est fini et celle-là, je pensais pas forcément la finir au départ…ça fait bien plaisir quand même mais j’ai un peu de mal à récupérer, je ne me suis pas trop alimenté sur la fin et je le paye. Malgré 1 ou 2 cocas, ça revient pas vite. Je file donc à la douche bien froide mais je suis pas mieux et en plus frigorifié. Je décide donc d’aller faire une petite sieste à la voiture avant de revenir boire la bière avec le relais ITWT et puis aller manger…sauf que de sieste, je dors 2h sans me réveiller et il est 21h30 quand j’émerge, frais comme un gardon, la bonne patate et une grosse dalle.

Je vais donc profiter de la tireuse à bière et de l’excellent repas : 1 super soupe, une petit sauté de poulet divin, de la polenta, du fromage (bleu de sassenage ?), du brownie(?) en dessert…tip-top le repas. Je discute avec 2-3 personnes de kikourou (Françoise, Xavier, OBob) puis il est l’heure de reprendre la route pour rentrer à la maison.

J’aurais quand même passé un super samedi, avec une organisation bien rodée, un parcours varié (même si ferais bien que de la montée-descente type saint-michel), des ravitos très bien fournis (j’ai rien bouffé mais j’ai regardé), un super balisage, une bonne ambiance dans tous les villages, aucune fausse note quoi !! (sauf la douche froide mais c’est toujours comme ça partout)

 

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