Mon échappée belle 2017 – Traversée intégrale de Belledonne – 147km et 11400mD+

ça fait 3 semaines (mois) que l’EB est terminée et enfin je finis ce CR.
Pas vraiment le besoin de digérer, l’analyse de la course et de la prépa a été assez facile en fait, l’avantage de ces courses longues et lentes où on a pendant l’épreuve le temps du recul sur ce qu’on vit.
Faut dire aussi que l’EB, ça fait peur et que inscrit de la 1ère heure, j’ai eu le temps de faire et refaire des dizaines de fois ma course depuis le mois de janvier.
En fait, le projet a démarré bien avant, au moment de l’édition 2016 à laquelle antho avait brillamment participé(même si depuis la 1ère édition, je suivais ça avec grand intérêt).
Avec Philippe et Christian, on avait répondu avec envie à son CR, se disant qu’une inscription à 3 pourrait faire passer l’appréhension.
D’ailleurs, sachant que christian est plutôt devenu une fusée, j’avais évoqué dès le début du printemps avec Philippe l’idée de faire la plus grande partie possible à 2, idéalement jusqu’au Pleynet. La gestion de l’arrêt (sommeil ou pas) à cette 1ère base de vie pouvant stopper cette association.
L’idée a fait son chemin, d’autant plus qu’on a passé beaucoup de temps ensemble tout au long de l’année : nombreux offs, le Bretagne Ultra Trail fin avril qu’on fait quasi entièrement à 2, l’Ultra Lozère début juin avec en plus Christian sur un super format en 2 jours, 2 WE de reco dans Belledonne fin juin et début août.
Parlons en des recos dans Belledonne. C’est pour moi quasi indispensable. Faudrait presque faire une reco avant de s’inscrire !! C’est d’ailleurs mon cas : après l’édition 2016 justement, des offs de lyonnais s’étaient organisés et dans l’optique de voir à quoi ça ressemble j’avais fait 2 journées à partir de freydières, Un circuit en allant à la croix de Belledonne puis retour par le lac blanc et le col de la Sitre. Une autre journée avec Antho à la grande Lauzière puis retour par le grand Colon.
J’y avais effectivement constaté que le terrain est vraiment spécifique et que ça peut ne pas convenir à tout le monde. Jamais il me viendrait à l’esprit de râler  contre le terrain dans les descentes de la brèche de la roche fendue ou la descente du Moretan…j’adore !!
Toujours est-il que l’idéal est bien de faire des recos, aussi pour constater qu’on n’avance pas à 5km/h dans ce massif et que l’échelle des temps y est légèrement dilatée quand il s’agit d’aller d’un point à un autre. J’en profite pour glisser ici la petite requête du gardien du refuge des 7 laux qui comme il le dit « n’a rien contre la pratique des trailers » mais qui en a un peu marre de ces trailers qui débarquent au refuge à 20h ou 21h le soir parce qu’ils ont voulu caser une étape de 45 bornes dans la journée.
Mais c’est vrai aussi que tout le monde ne peut pas traverser la france, l’europe ou le monde pour venir faire 2 jours de reco.
Donc sachez-le, pour faire l’EB, il faut soit aimer, soit accepter en connaissance de cause, les sentiers pourris, l’absence de sentier, le caillou instable, les passages au milieu de chaos de blocs. Et ça ne sert à rien d’aimer courir…enfin si, un peu à la fin mais si peu…
ça m’amène à la préparation où j’ai un peu couru quand même. Mine de rien, avec les 2 ultra du printemps (Bretagne et Lozère), ça fait forcément un peu de volume d’entrainement. Et donc fin juin, 1ère séance de montagne avec 2 jours dans Belledonne en partant du Pleynet : le samedi une boucle qui va jusqu’au lac de crop pour accéder au col de la mine de fer puis le parcours de la course jusqu’aux lacs des 7 laux (nuit au refuge). Le dimanche, coupe du parcours jusqu’à fond de france à partir du refuge puis trajet jusqu’à l’oule (sans passer par Gleyzin) et retour au Pleynet.
Un intermède breton en juillet avec beaucoup de km sur du sentier des douaniers puis à nouveau montagne avec le trail de l’étendard fin juillet, 17h dans Belledonne les 4-5 août (à partir du Gleyzin, Moretan et valloire), 2 jours de rando tranquille mais bien chargé dans….Belledonne le WE suivant puis un programme très light les 2 dernières semaines.
Entre ces WE montagne, ça aura aussi été assez light comme programme. Je crois que j’ai bien appliqué ce que j’avais lu dans les récits, de vraiment faire du jus les dernières semaines. Bon, y’a la méthode opposée qui semble fonctionner aussi (l’échappée belle par vik)
Toujours est-il que les semaines et jours passant avec beaucoup d’impatience d’en découdre, l’oeil de plus en plus rivé sur la météo, le jour J est arrivé. Ou plutôt le jour J-1.
Parce que l’échappée belle commence le jeudi avec le retrait des dossards à Aiguebelle : on y retrouve les copains, on rencontre tous les participants plus affûtés les uns que les autres. Là, on y est vraiment à l’EB, le départ du lendemain est presque anecdotique…
Après le retrait des dossards, la tactique a aussi été travaillée. Avec plusieurs options possibles et envisagées, la solution choisie avec Philippe est de se rapprocher de Vizille pour dormir plus longtemps le vendredi matin.
En effet, la solution de facilité est bien de dormir à Aiguebelle, y laisser sa voiture et ses affaires pour l’arrivée et de prendre la navette de l’organisation. Mais il y a un inconvénient, c’est que la navette part très tôt dans la nuit et que ça fait 1h30-2h de sommeil en moins que ceux qui dorment à Vizille…raide quand on sait qu’on part pour 1 nuit ou 2 de course.
Donc à défaut d’anticiper pour 1 chambre dans une des 2 hôtels de Vizille vite complets, on se rabat sur un hôtel de Grenoble sud, situé à 15 minutes du départ.
On continue d’y rentrer dans la course : vérification du sac de course, remplissage du sac coureur qui nous suivra aux bases de vie et repas avec l’objectif d’être couché au plus vite.
C’est encore le moment des questions existentielles sur la matériel : quel short, t-shirt, chaussettes voire chaussures alors que ça fait des plombes qu’on avait arrêté son choix.
Moi, la question du soir, c’est la montre en quel mode : mode GPS précis avec plusieurs charges obligatoires ? mode GPS un peu moins précis et 1 seule charge théorique ? ou finalement, j’abandonne l’idée du GPS et je mets l’altimètre et le cardio uniquement et pas de prise de tête avec le chargeur ?
Et le tout avec la montre N°1 ou la N°2 ?
Au final, je cogite pour choisir ce que j’avais choisi à l’origine : Ambit 3 avec le cardio (obligatoire !! eh oui…on verra ça plus loin), GPS 5s(mode Good) et enregistrement 10s. Autonomie théorique 30h mais même si ça flanche à 25h, je devrais me contenter d’1 seule charge (enfin j’espère).
Enfin, après toutes ces tergiversations, on arrive à se coucher pas trop tard, vers 21h30 mais avec l’impression qu’on ne va jamais s’endormir. Pourtant, il n’y a pas de stress pour moi, mais l’excitation d’y être. Je finis par m’endormir, un micro-réveil vers minuit puis à partir de 2h30, ça commence à être du sommeil de mauvaise qualité, suffisamment reposé pour avoir du mal à se rendormir. Mais la nuit aura été très correcte pour une veille de course, pas de véritable insomnie qui peut bien te plomber, surtout moralement.
Le réveil sonne comme prévu à 4h20 pour un départ à 5h20. Le temps de déjeuner, de vérifier à nouveau le sac, même de prendre une douche !!
Et en voiture Simone, pour 15 minutes de route comme prévu.
On se gare pas trop loin du parc du château de Vizille, lieu du départ. Dépôt du sac coureur rempli à ras bord et on retrouve une nouvelle fois tous les copains à 20 minutes du départ. Le temps de discuter un peu, de vider une dernière fois la vessie, il est temps de se rapprocher de l’arche de départ. Avec Christian et Philippe, malgré notre objectif de départ tranquille, on se rapproche de l’avant dangereusement mais sereins. Il reste 2 minutes, le temps pour le speaker de faire les petites animations habituelles : comme d’habitude, je regarde ça un peu de l’extérieur, je suis concentré et dans la course, j’attends le décompte.
Objectif
Petit intermède objectif.
Comme je l’ai dit, l’objectif est de faire le plus de chemin possible avec Philippe. Dernièrement, Christian qui avait un objectif un peu plus ambitieux nous dit que notre départ prudent lui conviendrait bien donc ok pour partir à 3. Ça ne l’empêche pas de se faire un petit roadbook. De mon côté, j’ai aussi assez tôt au printemps essayé d’imaginer ce que pourrait donner des temps de passage non pas prévisionnels car je sais que sur ce format et sur ce parcours, ça se passe rarement comme prévu, mais indicatifs pour savoir ré-ajuster la vision de ce qui m’attend.
Dans un 1er temps, j’essaye d’utiliser course generator, l’excellent outil de Pierre Delore : je lui mets la trace GPX en entrée, bidouille 2-3 données, la courbe de vitesse, la difficulté du terrain, le coefficient de fatigue. Mais contrairement à d’habitude, ça ne me sort pas des temps cohérents par rapport aux temps que je peux trouver de l’édition 2016.
Du coup, je laisse un peu tomber l’idée de faire comme ça. Mais je veux quand même un roadbook, ça me rassurera.
C’est dans les dernières semaines de prépa, à l’occasion d’une petite étude des temps 2016 que je m’y remets. Grâce à livetrail et aux temps de passage des concurrents ayant terminé, je m’imagine ce que je voudrais faire idéalement. Déjà, je me rends compte que sur cette édition 2016 avec 35% de finishers, tous ceux qui sont partis trop vite (?) ou du moins avec un classement qui décroit ont abandonné ou quasi, ce qui confirme ce que dit Florent Hubert au briefing d’avant course : « gestion, gestion, gestion ».
Après quelques sondages dans le classement, je trouve un 1er concurrent qui semble faire la course parfaite au niveau progression:
Quasi aucune perte de place pour un temps final qui m’irait finalement pas si mal.
Puis je trouve 1 autre concurrent 2016 qui fait aussi une progression régulière, avec un départ un peu moins lent, surtout avant le Pleynet.
 
Je prends ces 2 progressions comme base et me fait finalement mon propre roadbook en 45h
Et un beau profil pour une belle course
La course
C’est donc le départ dans le parc du château de Vizille. J’ai le cardio qui ne doit pas dépasser 140bpm, Philippe étant un peu moins haut mais pour un effort équivalent on doit avancer pareil.
petit intermède cardio :
Pourquoi prendre le cardio sur une course aussi longue ? d’une part parce que j’ai l’habitude et que le cardio ne me gêne/blesse pas. Et puis parce que d’expérience, en arrivant motivé et super préparé sur ce genre d’épreuve, on a toujours des supers sensations en début de course qui commence en général par une grosse montée. Et là, c’est le drame : départ trop rapide quasi certain et explosion au bout de quelques heures…Donc là, l’idée c’est de le garder au moins jusqu’au Pleynet, après ça aura moins de sens puisque le cardio ne montera plus trop haut après 15-20h de course.
Je reviens à la course : en respectant mon plafond de 140bpm, Christian et Philippe me prennent dès le départ 2m puis 5, 10…j’hésite à les appeler mais je me dis qu’ils vont se retourner…finalement non et au bout de 500m, je ne les vois plus et je me retrouve seul mais pas question d’accélérer.
ça commence bien, on devait faire 10 ou même 15h ensemble et on a tenu 3 minutes avant même que ça commence à monter.
J’hésite puis appelle Philippe sur son téléphone qu’il a heureusement déjà allumé : finalement ils m’attendent un peu plus loin.
On repart donc tranquille, plutôt à mon rythme en fait, en papotant ensemble, avec ceux qu’on double ou qui nous dépassent. La montée est régulière, facile, il ne fait pas encore trop chaud…tout va bien et on arrive à l’arselle gentiment.

(Arrivée au ravito de l’Arselle)

L’arselle : temps roadbook : 3h – réalisé : 2h59min56s (de l’horlogerie de précision !!)
Objectif secret : passer au-delà de la 300ème place comme mes concurrents modèle de 2016, ce qui validerait un départ prudent.
Classement : 347ème (yes !)…à noter que je ne le sais pas tout de suite mais un peu de réseau en partant me permet via l’appli livetrail de le savoir.
En arrivant au ravito, les super-assistances de Franck et Sylvain sont au taquet et nous encouragent.
Avec mes 2 acolytes, l’idée est la même de faire le plein, éventuellement manger rapidement et repartir. Le ravito est un peu blindé sur le balcon donc de mon côté, c’est remplissage des 2 bidons et je ressors car je suis en autonomie au niveau bouffe : durée 2 minutes.
En 5 minutes maxi, on est repartis et à vue d’œil, on a doublé 50 personnes.
petit intermède alimentation :
Quand je dis que je suis en autonomie bouffe, c’est totalement vrai. J’ai pour habitude de beaucoup galérer sur les ultras au niveau alimentation : en général je n’ai pas très faim, je tourne avec 2 boissons qui me vont bien, du sirop basique de menthe et la boisson D4 iso+ au citron. Je me faisais moi-même ma boisson avant (malto+fructose+sucre complet mascobado+sel) mais j’ai arrêté car l’iso+ me convient bien et c’est tout prêt.
Ne mangeant pas trop, je finis tôt ou tard par faire une petite hypoglycémie et dans ce cas, la boisson ne passe plus trop non plus, c’est encore plus difficile de manger . Mes 2 aliments habituels que sont les pâtes de fruit et les nougats, qui m’ont pourtant sauvé 1 fois chacun en fin de course, restent donc souvent dans le sac et je galère.
Pendant la préparation, j’ai un peu pensé qu’il fallait trouver une solution mais sans trop m’investir. C’est 1 mois avant, en faisant les derniers WE montagne que je me dis qu’il serait temps de faire quelque chose pour pas aller dans le mur.
Avant mon WE choc de début juin, je laisse dans le placard, nougats et pâtes de fruit et je pars avec des mini-saucissons, des gâteaux apéro au fromage, un mélange de noix (amandes, noisettes, pécan, cajou et pistaches) et fruits secs (bananes, ananas, coco…), plus quelques spéculoos.
ça se passe super bien, l’alternance boisson sucrée et aliments salés (ou pas trop sucrés au goût) me permet de ne pas me saturer de l’un ou l’autre.
C’est validé, je fais donc des stocks pour la course avec tout préparé dans des petits sacs, y compris dans le sac coureur. J’aurai du poids en plus mais je ne serai pas dépourvu si sur les ravitos rien ne me va.
On repart donc de ce 1er ravito et rapidement le paysage devient magnifique : lac Achard, col de l’infernet, col de la Botte, lacs Robert…

(au niveau du lac Achard)

(lacs Roberts)

A partir de la descente juste avant ces lacs Robert, le parcours commence à être un peu plus technique : poser une main par ci, des grandes marches par là, des montées bien raides vers l’Echaillon…Ce passage pour accéder au 2ème ravito du refuge de la Pra n’est pas le plus direct mais est magnifique et fait rentrer dans le vif du sujet.

(au téléphone avec madame)

Il y a juste un truc qui me chiffonne même si j’essaye de dédramatiser : depuis quelques temps, je sens un frottement derrière le talon gauche, à l’endroit classique des ampoules avec les chaussures neuves, sauf que mes chaussures (La sportiva mutant) ne sont pas neuves et que j’ai déjà fait 2 WE en montagne avec, sans faire d’ampoule !!

Juste avant d’arriver à la Pra, je décide de regarder et de strapper une fois au ravito car il faut tenir derrière une 10aine d’heures jusqu’au Pleynet où m’attendent mes Hoka !!!

Lac David, Lac Claret, on arrive au refuge de la Pra, 2ème ravitaillement.

Refuge de la Pra : temps roadbook : 6h – réalisé : 5h42min41s (vendredi 11h45)
On prend donc un peu d’avance mais ça n’est pas étonnant car d’une part, je pense qu’on a un peu accéléré au vu de mon cardio et on a vraiment fait un arrêt express à l’arselle alors que j’avais prévu 10 minutes.
Classement : 287ème, logique au vu du nombre de concurrents doublés au 1er ravito, pas tant que ça ensuite en course.
Tout de suite en arrivant, je cherche des ciseaux pour couper mon élasto. J’en trouve auprès d’une secouriste. Je pensais avoir juste un début d’irritation mais en fait j’ai déjà une ampoule, pas trop grosse mais ça m’embête bien. Je décide de faire le tour du pied en oblique en repassant sur le dessus pour que l’élasto colle sur lui-même. Pas facile à poser sans trop serrer mais suffisamment, et avec un angle qui fait que ça va tenir, sans faire de bourrelet qui sera pire que sans…Je tue le suspense tout de suite : il est midi le vendredi et ça tiendra nickel jusqu’à la fin de ma course.
Pendant ce temps là, Philippe et Christian se sont bien rassasié et moi, je fais juste le plein des bidons et on repart après 7 minutes d’arrêt.

(Col de la Pra)

A partir de là, je connais le parcours pendant plusieurs dizaines de km (sauf entre jean collet et le col de la mine de fer) et ça me plait bien mais en même temps, je sens une petite baisse de tonus au moment d’attaquer la montée aux lacs du doménon. Je m’accroche mais les relances avant le névé de la grande pente sont un peu difficiles et je suis quelques 10aines de mètres derrière Philippe et Christian.

(au niveau du lac du petit Doménon)

(Névé de la grande pente – enfin paye ton névé !! – et lac du grand Doménon)

J’essaye de m’alimenter correctement en me disant que ça va revenir…bon, la forme est pas mal quand même, hein !! mais elle devrait être parfaite.
Ce qui est rassurant quand même, c’est que nous doublons régulièrement jusqu’à la croix de Belledonne où il y a beaucoup de monde, coureurs et randonneurs. Certains coureurs font déjà une bonne pause, ce qui confirme que ça commence à être difficile.
Nous touchons la croix puisque c’est la tradition même si le pointage se fait 20m plus bas puis nous attaquons la 1ère vraie descente depuis le départ.
C’est d’abord une partie excentrée par rapport à la montée puis nous croisons ceux qui sont derrière dans lesquels se trouvent Franck, Sylvain et Christophe. Anthony, qui ne fait pas la course nous a aussi rejoint : il compte passer les 2 jours à faire des passages sur le parcours autour des points accessibles. Il fera environ 64km et 4200mD+ !!

photo orga : vue en arrière du col de Freydanne

Nous arrivons à la descente du col de Freydanne que j’appréhende un peu car j’y avais galéré il y a un an en off : j’avais le genou en vrac et étant sur l’arrière dans cette descente raide et glissante, j’avais torturé mes bâtons pour tenir debout.

(vue sur le glacier de freydanne – enfin, ce qu’il en reste – vu du col du même nom)

Finalement, cette année ça passe tout seul : je n’ai plus mal au genou, c’est en course où je trouve qu’on a un peu plus d’engagement et à force de passage, j’ai l’impression qu’une trace bien plus marquée s’est constituée.
La descente est donc relativement rapide et je prends un peu d’avance avant un regroupement au niveau du lac blanc. L’avantage de la descente à ce moment, c’est que mon ampoule au talon me laisse tranquille. Et puis, c’est beau !!!

le lac blanc

On continue en doublant un petit peu et on arrive tranquillement au refuge de Jean Collet, 3ème ravitaillement de la course. L’accueil est bruyant avec un groupe d’iséro-savoyards en mode supporters : très sympa l’accueil !!
jean Collet : temps roadbook : 9h30 – réalisé : 8h59min14s (vendredi 15h01)
On atteint la demi-heure d’avance du fait d’une légère accélération et de l’arrêt à la pra assez rapide.
Classement : 216ème soit quasi 70 places de mieux. En partie en ayant doublé, l’autre moitié pendant le ravito.
Il y a pas mal de monde ici car l’accès est assez facile avec un peu de marche. Il y a en particulier les assistances de choc de Franck et Sylvain : nous sommes tout de suite pris en main avec en particulier le remplissage des bidons, ce qui nous permet de récupérer tranquillement…Comme je trimbale toute ma bouffe sur moi, même pas besoin de piquer dans le ravito de la course. La pause est donc une nouvelle fois assez rapide et on repart en croisant ceux qui arrivent au ravitaillement, ce qui permet de voir certains concurrents doublés il n’y a pas si longtemps.
Dès les premiers mètres, je sens que ça ne va plus trop bien. Ça sent la vraie 1ère hypo alors que Philippe et Christian semblent requinqués par l’arrêt au ravito. Je perds tout de suite du terrain, j’essaye de trouver un rythme régulier mais ça va pas bien vite. En plus il fait chaud et ça ne contribue pas à ce que ça aille mieux. Rapidement, ça revient derrière : c’est une féminine Petra MUCKOVA que je verrai plusieurs fois pendant la course. Elle a une façon particulière d’avancer : elle revient assez vite sur moi, me double puis s’arrête, s’assoit et mange. Elle refera la même chose au col de la mine de fer, encore pareil à la brèche de la roche fendue puis encore plus tard. Tant bien que mal donc, j’arrive au col de la mine de fer, pas trop loin des 2 compères qui m’attendent en haut. La descente du col est courte, passe devant l’embranchement vers le lac de Crop d’où on était arrivés en reco avec Philippe et ça attaque rapidement la montée à la brèche de la roche fendue.
D’entrée, on se rend compte avec Philippe qu’on ne passe pas du tout par le même chemin qu’en reco : on avait pris à droite puis fait toute la montée au milieu d’énormes blocs alors que là, on prend à gauche, on passe sur une vire un peu gazeuse et on rattrape un chemin moins encombré et plus marqué sur la gauche de la combe. Beaucoup plus facile qu’en reco.

(on ne se rend pas trop compte du gaz à l’attaque du col de la brèche de la roche fendue…oui, oui, il y a du monde sur la photo !!)

(En juin, on était monté tout droit avec Philippe…là, on va passer par la gauche…là aussi, on peut jouer à « où est charlie »)

C’est moi qui donne le rythme dans cette montée, d’abord parce que je suis moins bien. Puis les crackers mangés et la boisson font leur effet et je suis de mieux en mieux en se rapprochant du col : On rattrape puis double 2-3 concurrents d’ailleurs. J’y arrive finalement bien et c’est une bonne chose car la descente jusqu’au pas de la coche est peut-être la plus usante de la course avec celle du Moretan.
Avec Christian, on est un peu plus à l’aise que Philippe et donc on prend quelques mètres d’avance. Les jambes sont bonnes mais c’est normal car on n’a pas fait beaucoup de descente encore, je me fais vraiment plaisir à chercher mon chemin entre les fanions, enjamber, sauter tout en cherchant le relâchement maximal. On est sur un rythme tranquille et une féminine nous double. On discute un peu avec elle : elle est sur son terrain d’entrainement car habitant en bas du habert d’aiguebelle. Je disais descente jusqu’au pas de la coche mais en fait, une fois passé ce passage plutôt technique, on n’y est pas au pas de la coche : ça remonte par paliers, c’est long et depuis Jean Collet, on a dépensé pas mal d’énergie quand même donc la fatigue pointe. C’est pourtant très joli et il y a des myrtilles un peu partout.

(Replat juste avant de descendre enfin au pas de la coche)

Heureusement, le temps se couvre à ce moment, le vent se lève un peu et ça rafraîchit bien. D’ailleurs, 2 gars qui nous avaient doublé en bas de la descente s’arrêtent pour mettre une veste…les quelques gouttes ne durent que 5 minutes et ils s’arrêtent à nouveau pour enlever leur veste.

(5 minutes avant le ravito du habert d’aiguebelle)

On bifurque donc au pas de la coche pour descendre jusqu’au habert d’aiguebelle pour le 4ème ravitaillement, annoncé léger.
Habert d’Aiguebelle : temps roadbook : 12h30 – réalisé : 11h44min45s (vendredi 17h47)
45 minutes d’avance malgré un petit coup de mou mais le reste du tronçon  été fait régulièrement et ce passage technique était plutôt à notre avantage.
Classement : 197ème. 20 places gagnées seulement depuis Jean Collet : normal, pas trop de monde doublé (et à doubler) et ces 20 places l’ont été majoritairement au ravito probablement.
Au Habert, nous retrouvons Anthony qui a prévu de nous amener un petit quelque chose si on voulait. Pour moi, c’est un orangina, je le bois cul sec et ça fait un bien fou. Je mange 1 ou 2 mini saucissons à disposition et je vais à la source à la sortie du ravito pour remplir mes bidons en attendant Christian et Philippe qui ont récupéré un sandwich et souhaitent le manger tranquillement.
On repart dans un petit groupe de 5-6 pour l’enchaînement redouté col de l’aigleton et col de la vache.

(début de la montée vers le col de l’aigleton)

La montée est régulière jusqu’au lac de vénétier puis une traversée pierreuse et enfin la montée finale très raide pour l’aigleton. J’aime bien quand c’est raide, Petit courant d’air en haut, le jour commence à baisser et l’objectif est de passer le col de la vache avant la nuit. En reco fin juin, j’avais pris un terrible coup de bambou à cet endroit et j’avais galéré jusqu’au refuge des 7 laux.
là, ça va mieux, on est en allure de croisière et je pense à m’alimenter avant le col de la vache. Pourtant dès le début de la montée, je sens que ça ne va pas bien, plus de jus, l’hypoglycémie est là. Christian et Philippe sans augmenter le rythme me mettent une mine et derrière moi ça revient vite aussi. J’espère juste ne pas exploser comme en juin parce que si c’est le cas, ils ne pourront pas m’attendre. Avant d’attaquer la 2ème partie de la montée, un chaos total de cailloux, ils m’attendent et on repart ensemble : ça va mieux quand même et c’est Christian qui est hyper facile et qui nous lâche avant d’arriver en haut.

(La tête dans les chaussettes, bientôt la fin…du col de la vache)

Avec Philippe, on le rejoint en haut et on bascule avec le soleil couchant magnifique et l’objectif d’aller le plus loin sans avoir besoin de la lampe.
col-vache

(La tête dans les chaussettes, bientôt la fin…du col de la vache)

La descente est piégeuse et aussi voire plus chaotique que la montée mais pas très longue car plus raide. Chacun à son rythme, on arrive en bas sans dommage et vraiment bien contents d’avoir passé cette 1ère partie de course de jour. Il est même encore temps d’avancer et de relancer sur les bords des lacs.

(Philippe, frais comme un gardon et prêt à courir…c’est tout plat et les cailloux sont petits !)

 Je prends d’abord quelques mètres de retard pour une pause technique et à nouveau manger un peu puis je rattrape et double Christian et Philippe pendant qu’ils s’équipent avec leur lampe. De mon côté, je fais mon œil de lynx et je trace, avec le challenge un peu con d’aller jusqu’au niveau du refuge des 7 laux sans ma lampe…ça aurait été dommage de se prendre les pieds dans le tapis mais challenge réussi !!
Antho nous avait dit qu’il avait mis sa lampe au niveau des lacs donc je me dis qu’on est revenu sur son temps de 2016 (ce qui n’est pas tout à fait le cas en fait). Le regroupement se fait donc au moment où je mets ma lampe et je reste devant pour donner le rythme dans cette descente qui s’annonce longue et technique : un peu glissante, des marches très inégales, des changements de direction, elle est bien usante et longue. On arrive sur le replat au niveau du chalet du gleyzin où on trouve Yannis et quelques demoiselles en bénévoles/signaleurs. Quelques encouragements et on attaque une partie annoncée horrible : le tour du ravin du Pleynet, portion de 5-6km vallonnée, plutôt montante sur la 1ère partie et descendante ensuite. On y entends le son de la base de vie juste en face mais il y en a pour quasi 1h à faire le tour. C’est d’autant plus difficile que je suis d’un coup scotché à même pas 2 bornes du but pourtant en descente, sur piste et avec Antho qui nous a rejoint…je perds 6 minutes en 2km avec vidage de l’estomac. Je me fais aussi doubler par un concurrent que j’avais moi-même doublé pas très bien avant la croix de Belledonne : il me parle de ses jambes de feu, de sa super gestion de course, que rien ne sert de courir…mouais…
Et j’arrive enfin à la base de vie du Pleynet, « un peu » moins frais que ce que j’aurais espéré !!
Base de vie du Pleynet : temps roadbook : 17h45 – réalisé : 16h41min46s ( vendredi 22h44)
1 bonne heure d’avance : malgré mes coups de mou qui m’ont peut-être fait perdre 10 minutes, on a bien avancé et on n’a pas traîné au ravito précédent encore une fois.
Classement : 185ème. Quelques places gagnées encore mais le peloton est déjà bien disséminé.
Ma femme et mes enfants sont venus malgré l’heure tardive mais ça fait du bien de les voir et de leur demander un peu d’assistance.
Philippe et Christian en pleine forme gèrent leur bouffe, leur changement de tenue, leur sac coureur efficacement.
De mon côté, je récupère sans trop savoir par où commencer : il faut que je mange en tous cas car j’ai encore flirté avec l’hypoglycémie cette fin de journée. Anthony me donne mon orangina réglementaire…à peine bu, je trace au fond du parking pour le trajet retour…ça passe pas. Du coup, j’en profite en passant pour tester les toilettes sèches sur ce même parking (nickel !!).
Retour sur le banc avec tout le monde : je zone encore, un de mes fils m’amène mon repas (pâtes bolognaises) mais je n’arrive pas à y toucher. Du coup je me change, j’attends…
Il s’est bien écoulé 45 minutes et Philippe et Christian sont prêts à repartir mais je ne peux pas y aller malgré l’insistance de Philippe : il a peur que si je reste seul, je ne reparte pas.
Mais si je pars maintenant fatigué et le ventre vide, ça me semble injouable et surtout impossible de les suivre.
Je décide donc d’aller dormir et de les laisser partir sans moi. Leur arrêt aura duré 1h et après avoir souhaité une bonne nuit à ma famille, je vais dans la salle aménagée avec les lits de camp pendant qu’Anthony décide de m’attendre. Je m’allonge, je m’écroule après avoir in extremis mis mon réveil sur mon téléphone (vibreur).
Je me réveille 1h après un sommeil intense et réparateur comme si j’avais dormi 12h. En 2 minutes, je suis sorti du dortoir, je rejoins Antho qui m’attends patiemment et je vais au restaurant pour manger. Je commande mes bolognaises et je m’installe avec Samuel qui vient d’arriver. On discute un peu et je mange son assiette car il est dans le même état que moi 2h plus tôt. Puis ce sont Franck, Sylvain et Christophe qui arrivent pour manger. On discute 2 minutes mais je ne traîne pas car j’ai déjà fait une grande pause et faut pas déconner non plus !!
Je repars donc après 2h15 bien reposé et motivé. J’avais planifié 2h de pause (cf.roadbook) donc finalement, c’est pas si mal !!
Petit intermède base de vie et temps de pause :
après avoir lu le CR de Manu de l’édition 2016, sa grosse pause dodo au pleynet (après une hypo) puis sa 2ème journée de fou, je m’étais dit que faire une pause dodo était presque indispensable sur la totalité de l’épreuve, et plutôt à faire entre le pleynet et le refuge de l’oule en fonction de la fatigue et du lever du jour. J’avais aussi prévu de le faire au Pleynet dans mon plan d’origine (d’où les 2h de pause) avant d’avoir le doute sur le lieu (gleyzin ? oule ?) suite à des échanges avec d’anciens participants. Mais clairement, ça commence à être un format où on y gagne largement à se reposer puis repartir frais plutôt qu’avancer comme un zombie.
En parlant de zombie…En repartant du Pleynet, on descend rapidement à fond de france où je recroise Anthony qui va vers Gleyzin pour rejoindre Christian et Philippe. La nuit est agréable, T°C presque trop douce mais tout va maintenant bien, les yeux bien ouverts.
Puis il y a 2-3km globalement descendants, faciles et roulants qui nous emmènent au pied de la grande valloire pour une montée de plus de 800mD+ en 3,5km. J’attaque la montée tranquillement, à 6-700m/h et au cardio. Et c’est là qu’est le rapport au zombies : c’est zombiland cette montée !! Beaucoup de concurrents à la dérive, sans jus, les yeux qui se ferment, des nausées. J’essaye d’encourager au maximum et de rassurer en parlant du probable ravito sauvage au chalet de la grande valloire et de la possibilité de s’allonger dans une cabane non gardée.
C’est d’ailleurs là qu’en rentrant frontale allumée voir s’il y a de la place, je réveille Romain, un rémois qui faisait une sieste. Il me rejoint alors que je pars du ravito sauvage après avoir bu un thé et mangé une barre de céréales. On fait connaissance et il se cale derrière moi alors que l’orage gronde. On est rattrapés par la pluie au niveau du chalet de la fouetterie et on sort la veste car ça tombe bien d’un coup. Quelques éclairs tombent d’ailleurs au-dessus de nous, pas très loin et c’est d’autant plus surprenant que personne n’avait vraiment prévu cet orage.
On passe un pointage au chalet de Tigneux dans la tempête, le pointage du lac Léat de même et ça se calme en descendant dans la forêt où on enlève nos vestes peu avant le ravito du hameau du Gleysin.
Ravito du Gleysin : temps roadbook : 24h00 – réalisé : 22h51min32s ( samedi 4h54)
Malgré le long arrêt au pleynet, l’orage, mon avance augmente et ça motive bien de rester dans les clous
Classement : 161ème. ça grapille toujours, pas autant qu’en 2016 car il y a eu probablement moins d’abandons au Pleynet.
Je ne savais pas trop à quoi m’attendre à ce ravito que je savais dans une bergerie. C’est bien roots effectivement et aussi un sacré mouroir avec pas mal de monde bien marqué sur les bancs le long du mur et une ambiance silencieuse. Au fond de la bergerie, la zone des lits de camp avec un tableau qui indique les numéros de dossard qui ont tenté la sieste, l’heure d’arrivée et la durée qu’ils souhaitent dormir. Je vois que Philippe et Christian sont arrivés 1h avant moi et ont demandé à dormir 30 minutes donc j’imagine être revenu pas trop loin d’eux.
Je remplis vite fait mes bidons, mange 2 soupes et je sors attendre Anthony qui dormait dans sa voiture. Il me dit que P&C n’ont pas réussi à dormir, me livre mon orangina que je bois d’une traite et c’est reparti pour le Moretan. Cette montée, j’ai dû la faire 4 fois depuis 1 mois et je me sens super bien. Je rattrape Romain rapidement, le suis quelques minutes puis je passe devant et le lâche rapidement. Je dois être à 800m/h, je double régulièrement et ça me booste encore plus. J’arrive au refuge de l’oule au lever du soleil, malheureusement trop tôt pour manger la fameuse omelette proposée par la patronne en temps normal.
Et puis je me sens tellement bien que je n’ai qu’une envie, avancer et en profiter.
La partie après le refuge est assez délicate, raide et inégale jusqu’au replat et je double encore 2-3 concurrents scotchés par la pente.
Puis après le replat, c’est raide aussi par endroit, quelques passages « freeride » au milieu des cailloux et des blocs mais c’est quand même moins difficile que du côté de la mine de fer ou le col de la vache, enfin à mon avis. Il faut poser la main 2 fois sur les 20 derniers mètre avant le col mais rien de bien compliqué. J’arrive à 7h30 au col du moretan, seul point de passage de mon roadbook qui n’est pas un ravito.
Il y a d’ailleurs un pointage.
Col du Moretan : temps roadbook : 27h15 – réalisé : 25h30min10s ( samedi 7h32)
30 minutes gagnées sur ce tronçon que j’avais planifié de façon prudente sans imaginer monter au col aussi « facilement » et surtout sans petit coup de mou.
Classement : 122ème. 40 places gagnées depuis gleysin, énorme bond au classement !! A gleysin, j’ai forcément laissé du monde qui se ravitaillait ou dormait mais aussi au refuge de l’oule où il y a une 20aine de couchages. Plus ceux doublés en course.

J’arrive au col assez euphorique malgré le vent et le froid qui saisissent les bénévoles en haut. Je m’arrête 5 minutes discuter avec Jean-louis, un des organisateur du trail des coursières du lyonnais qui me dit qu’il faut 1h20 environ pour aller jusqu’au ravitaillement de périoule. D’après mes souvenirs de reco et ma forme du moment, je pense mettre plus près d’une heure. La descente se fait entièrement sur les cailloux pour la 1ère fois, le grand névé ayant totalement fondu cet été. C’est finalement pas plus reposant car les cailloux sont assez instables, sans aucun sentier et il faut faire confiance à ses chevilles pour avancer. Je crois que c’est mon coup de coeur du parcours de l’échappée belle, cette descente et la vue sur la vallée de périoule au niveau de la moraine. Je ne résiste pas à mettre une photo prise de cet endroit lors de notre reco de début août.

(pétage de rétines garanti !!)

En haut de la moraine, une corde fixe est installée pour aider à la descente : je ne la trouve pas forcément nécessaire car le sentier sur l’arrête est raide mais marqué et il n’y a pas de danger. Mais ça permet de descendre plus vite en tenant la corde d’une main.
Il n’y a pas grand monde à l’horizon et je n’ai plus l’impression d’être en course…je m’éclate dans cette descente, encore plus en arrivant avant le lac Moretan supérieur où il faut traverser un champ de bloc, à nouveau en improvisant sa trajectoire. Pour le coup, les blocs sont stables, la roche accroche bien donc on peut bien se faire plaisir à sauter de blocs en blocs.
Le lac supérieur est vraiment magnifique avec sa couleur bleue et son environnement chaotique…l’endroit idéal pour un bivouac !!
Passé, ce lac, on sort un peu des cailloux pour retrouver des sentiers un peu marqués.

Je passe le lac Moretan inférieur puis j’arrive sur ce vallon verdoyant de périoule.

(au niveau du Moretan inférieur, je viens de doubler un sénateur du Tor des géants et je fonce vers périoule)

Là encore, il faut du jus car le parcours s’aplanit et il est possible de relancer et courir.
J’arrive au ravito toujours super bien, dans la zone…

méga patate en arrivant à périoule

Ravito de périoule : temps roadbook : 28h25 – réalisé : 26h27min35s ( samedi 8h30)
Moins d’une heure donc pour descendre depuis le col du Moretan et 2h d’avance sur le roadbook en 45H…ça commence à faire beaucoup mais j’ai la pêche.
Classement : 116ème le top 100 se rapproche !!
Et qui vois-je, tranquillement assis sous le barnum ? Philippe et Christian qui sont là à se ravitailler : au menu, pommes de terres chaudes et fromage fondu, nouilles chinoises instantanées, le tout dans une très bonne ambiance et avec le confort de sièges de camping, ceux avec accoudoir et repose gobelet…le grand luxe et assurément le plus agréable des ravitos de la course (voilà, c’est dit !!)
J’ai le temps aussi d’en profiter un peu et comme au gleysin, c’est remplissage des bidons et 1 ou 2 soupes instantanées de vermicelle (type chinoise).
On repart donc avec le trio reconstitué mais Philippe a mal au pied depuis un bon moment et on va donc tranquille pour descendre en bas de périoule. J’en profite pour appeler ma femme et lui annoncer l’avance avec laquelle on devrait arriver à supercollet où se trouve la 2ème base de vie.
Anthony est aussi venu à notre rencontre et on le retrouve un peu au-dessus du barrage du carre. La descente est assez longue mais assez facile (par rapport à tout ce qu’on a fait jusque là), on discute un peu de cette fin de nuit, de la journée qui nous attend, à commencer par la redoutée (et redoutable) montée au refuge de la pierre du carre. A la fin de cette descente, on a quelques mètres pour se dégourdir les jambes et on attaque donc cette montée, loin d’être la plus fun de la course sur une piste de débardage(?) et surtout très raide. A signaler quand même qu’il est 9h du matin et qu’on est à l’ombre alors qu’en début d’après-midi, ça a la réputation d’être une fournaise. Du coup, ça passe pas trop mal d’autant plus que je suis toujours aussi à l’aise physiquement.
Une fois au refuge, restent presque 4km en balcon jusqu’à supercollet : ces km semblent interminables, on croise pas mal de monde à nous encourager et à nous dire qu’on est presque au ravito. Philippe n’a pas trop la pêche avec son pied douloureux et prévoit un arrêt conséquent pour voir un kiné/médecin et se faire strapper. Je suis devant et essaye de faire un rythme régulier qui tire un peu le groupe.
A quelques encablures de la base de vie, Christian me passe devant, sort de la piste et nous emmène sur un petit chemin légèrement marqué qui semble arriver droit sur le ravito : en fait on arrive droit sur une tourbière qu’on aurait dû contourner par une piste. Ça n’est pas trop grave sauf que ça énerve de jardiner à 200m du ravitaillement et surtout je me retrouve avec les pieds trempés alors que j’avais prévu de garder les mêmes chaussettes et les même chaussures.
Bon, après 2 minutes pour sortir de la tourbière, on passe sous l’arche de supercollet.
Base de vie de supercollet : temps roadbook : 31h10 – réalisé : 29h13min30s ( samedi 11h15)
Toujours ces 2 petites heures d’avance sur le roadbook donc sur la base de 43H a priori.
Je n’ai pas vraiment puisé sur ce tronçon et j’arrive très bien, en totale opposition par rapport au pleynet.
Classement : 119ème 3 petites places de perdues, donc on a avancé au rythme de notre classement.
Anthony est une nouvelle fois là, avec mon orangina réglementaire, ma famille aussi arrivée en catastrophe du fait de l’avance sur le planning. Cette base de vie est quand même moins confortable, sous un petit chapiteau au soleil. Heureusement, il commence à y avoir des écarts et il n’y a pas trop de monde.
Comme on a prévu de rester un peu, je mets chaussures, semelles intérieures et chaussettes au soleil en espérant un miracle. Je mange à nouveau 2 soupes et refait le plein des bidons et je prends aussi les recharges nourriture et boisson perso dans mon sac.
Puis je me change entièrement : short, caleçon, maillot puis je sors l’objet magique pour repartir frais comme un gardon : la brosse à dent. J’avais pris l’idée dans un compte-rendu d’ultra et j’avais trouvé ça bien parce qu’on en mange des conneries. Et je confirme, c’est le top du top !!
Entre tout ça, c’est un peu de zonage et de discussion avec ma femme, Anthony, Christian et Philippe. Puis au dernier moment, je remets mes chaussures encore humides mais je change de chaussettes, les autres étant encore trop mouillées. La pause dure en tout 45 minutes avant de repartir : j’aurais pu faire plus rapide mais ça fait du bien quand même.
Bon, à midi pile, on repart à l’assaut du col de claran en plein soleil sur une piste de ski bien large sous le télésiège. C’est pas l’endroit le plus fun de la course mais ça ne dure pas trop longtemps, on arrive sur une jolie crête avec surtout une vue panoramique : à droite, tout ce qu’on a fait le matin et à gauche, vue sur les férices et toute la traversée à venir. Ma femme et mes enfants sont montés en télésiège pour nous voir une dernière fois avant de rentrer au camping.

La famille montée à pied…en télésiège vers le col de Claran

On atteint à ce moment les 100km de course en arrivant au très joli col de Claran d’où on bascule pour une longue descente de 600mD-. En début de descente, d’immenses champs de myrtilles avec pas mal de cueilleurs. J’en profite pour en manger quelques-unes délicieuses avant de passer au refuge de Claran où un bénévole nous parle d’un concurrent qui s’est arrêté pour faire sécher ses pieds : on ne le sais pas encore mais c’est vik qu’on vient de doubler sans le voir.

Pendant cette descente on se fait aussi doubler par les premiers de la traversée nord, la course de 85km. On arrive au torrent du Bens en bas où on peut se rafraîchir puis on fait le plein des bidons juste au-dessus à une source avant un pointage au chalet de pré-nouveau où les bénévoles sont en train de casser la croûte.
Il fait vraiment chaud dans cette montée et heureusement qu’on croise des ruisseaux tous les 50-100m. Là, je suis bien content d’avoir fixé une lavette éponge au fond de la casquette pour garder la fraîcheur le plus longtemps possible. Malgré tout, j’ai toujours la forme et je monte facile. Philippe est moins bien et surtout a de plus en plus mal au pied. Je prends régulièrement quelques mètres d’avance sans m’en rendre compte un peu à l’inverse de ce qui s’était passé 2-3 fois la veille pendant mes coups de mou.
Ce qui est dingue c’est d’être aussi bien depuis le départ du Pleynet, soit une quinzaine d’heures, sans baisse de régime et sans avoir l’impression de mieux gérer mon rythme et mon alimentation. Comme s’il m’avait fallu 24h pour me mettre dans le rythme.
Ceci dit, fin juin, j’avais eu cet énorme coup de bambou le 1er jour du WE choc et j’avais aussi eu la pêche toute la journée du dimanche.
On arrive donc au refuge des Férices où il y a un pointage et surtout une source bienvenue pour faire le plein.
Refuge des férices : temps roadbook : 34h30 – réalisé : 32h38min10s ( samedi 14h40)
Malgré les 45 minutes d’arrêt à supercollet, quasi rien de perdu sur les 2h d’avance : il es vrai que j’ai construit mon roadbook avec des temps vraiment réalisés et que les concurrents sur lesquels je me suis basé avaient aussi fait une pause conséquente.
Classement : 102ème on se rapproche du top 100 !! on a gagné 5-6 places dès la montée au col de claran, puis 2-3 dans la descente et encore quelques zombies dans la montée.
On ne s’éternise pas à ce pointage, où il y a quand même un peu de coca à boire.
ça repart avec bizarrement pas mal de monde autour de nous et au loin dans la montée, principalement de l’intégrale même si on doit se situer au niveau du 15ème du 85km donc quelques coureurs en plus.
Philippe a vraiment mal et n’avance plus trop sur ce chemin à flanc tout en montée et pas forcément facile avec pas mal de dévers. Il prend un doliprane qui semble faire effet assez rapidement.
C’est très joli avec rapidement une succession d’épaules dont on croit à chaque fois que c’est la dernière. Je recommence à faire le yoyo en prenant de l’avance puis en attendant dès que j’ai un peu trop d’avance. Christian commence aussi à sentir la fatigue et à marquer le pas dans les passages plus raides. Un moment, je prends de l’avance du côté de la grande lanche (IGN) mais en me retournant, je ne vois plus les gars.

Du côté des Férices

J’attends un peu, avance, attends à nouveau puis demande à quelqu’un qui me rattrape s’il a vu Philippe et Christian : apparemment, ils se sont arrêtés sur le côté faire une pause. Je décide donc d’aller les attendre en haut du petit col suivant. Philippe arrive en 1er et se pose puis Christian 1 minute après. On fait 2-3 photos puis on repart pour un passage à nouveau à flanc précédent une nouvelle montée raide : c’est à ce moment que Philippe me propose de partir devant faire ma course car j’ai la pêche et il est de toutes façons diminué physiquement. Christian reste avec lui car ils ont décidé depuis longtemps de finir ensembles.

juste avant que je parte seul devant

J’ai souvent repensé à cette situation et je ne suis pas vraiment à l’aise avec ça. C’est vrai que ça faisait un bon moment que j’étais mieux qu’eux puisque je les avais rattrapés le matin et qu’il était 15h30 environ. Mais ils m’avaient attendus 2-3 fois la veille et sans ça, je n’aurais peut-être pas été là.
Toujours est-il qu’à ce moment, j’hésite quelques secondes mais j’ai vraiment envie de lâcher le frein. ça me met aussi tout de suite la pression pour bien faire, montrer que si je pars devant, ça n’est pas pour finir avec 5 minutes d’avance.
Et donc je pose une mine de suite en doublant à nouveau les 4-5 concurrents avec qui on fait le yoyo depuis le refuge des férices. J’arrive rapidement au col d’arpingon où il y a un nouveau pointage tenu par un accompagnateur de moyenne montagne rencontré au refuge de l’oule début août : on se salue rapidement car j’ai un truc à finir. Il me confirme que je semble super bien par rapport à tous ceux qui passent.
La descente suivante est par moments délicate et les derniers concurrents du 47 (parcours des crêtes) sont scotchés par la technicité et probablement le côté gazeux de la descente.

descente des férices vers val pelouse, Anthony vient à ma rencontre

Faut encore bien regarder où on met les pieds…

Je suis à l’attaque et double un peu de monde (beaucoup du 47km) avant de trouver Anthony venu à notre rencontre. Je lui explique la scission du groupe et il continue à la rencontre de Philippe et Christian en me donnant rendez-vous au Pontet.

Il y a maintenant un replat sur un sentier très roulant d’au moins 3km avant d’arriver à val pelouse. Heureusement que j’ai du jus car après 110km, il faut quand même puiser pour relancer et courir sans s’arrêter.
Il y a beaucoup de monde et une grosse ambiance quand j’arrive au ravito de val pelouse : objectif rester dans ma bulle et être super efficace pour un arrêt express.
Ravito de val pelouse : temps roadbook : 37h00 – réalisé : 34h59min13s ( samedi 17h01)
Avec cette accélération, je repasse au-dessus des 2h d’avance.
Classement : 96ème
Il y a beaucoup de monde en fait à ce ravito, toute la fin de peloton du 47km et aussi des concurrents de l’intégrale bien fatigués. C’est vrai qu’il est 17h, la fin de la 2ème journée et une partie éprouvante physiquement et avec de la chaleur depuis supercollet.
J’essaye de faire vite mais pas facile de s’organiser car je ne suis plus habitué à autant de monde. J’aurais voulu me mettre la tête sous l’eau mais les jerrycans et la citerne sont vides. Je rentre sous le barnum pour faire le plein des bidons du coup…il fait super chaud, il y a des lits de camps occupés au fond…et ça pue !! Je pense que quelqu’un a dû vomir dans un coin !! Du coup, je remplis mes bidons en répondant aux questions d’un bénévole qui souhaite avoir des infos sur les montres GPS…
je passe un peu plus de temps qu’imaginé mais je repars quand même en 10 minutes.
L’œil du tigre est là et il n’y a plus de considérations sur la gestion (…gestion, gestion…), c’est à l’attaque.

dans la descente du col de la perrière

C’est facilité par la présence de concurrents du 47 et quelques-uns du 145 judicieusement espacés qui me servent de lièvres. Au col de la perrière, je double la 2ème féminine à fond et j’attaque la descente vers les sources du Gargoton où je me rafraîchis rapidement pour attaquer la dernière « vraie » montée de la course, bien raide sur la première partie.
Je suis à 7-800m/h encore, inespéré car je tablais plus sur un 600m/h dans le meilleur des cas.
Au col de la perche, les bénévoles me disent que ça y est, ça n’est que de la descente jusqu’au pontet : je ne les crois pas car j’ai le profil dans la poche et il reste 2 petites bosses mais ça ne semble pas les convaincre. C’est joli encore une fois, le soleil baisse et donne une lumière douce.

photo organisation vers le sommet du grand chat

On est vraiment sortis de Belledonne-cailloux et c’est donc bien « roulane » malgré les nombreux faux-plats jusqu’au sommet du grand chat, le vrai point haut avant la descente vers le pontet. Je commence à fatiguer après 3h bien rapides et surtout mes pieds sont douloureux depuis un petit moment, ce qui me plombe un peu. Je croise un photographe de l’organisation qui me prend en photo juste avant le sommet du grand chat.

photo orga : En arrivant au sommet du grand chat

Au sommet, je me fais redoubler par la 2ème féminine accompagnée d’un gars : ils me proposent de faire la descente avec eux mais j’ai trop mal aux pieds.
Il s’avérera que j’ai mis des semelles un poil trop larges au talon par rapport aux chaussures. Utilisées depuis toujours dans ces chaussures, je n’avais jamais eu de problème mais là, avec les pieds fatigués, l’humidité de supercollet, des légers plis d’à peine 1/10ème de millimètre m’auront fait une belle ribambelle d’ampoules.
Toujours est-il que j’attaque l’interminable – presque 10km – descente vers le pontet, avec l’objectif de me relâcher, d’avancer le plus loin sans utiliser la lampe et de trouver de l’eau car je suis quasi à sec et j’ai super soif. C’est la seule fois depuis le départ que je suis dans cette situation, je savais que le tronçon était long et je n’ai pas pris le temps de faire un remplissage aux sources du gargoton. Un signaleur m’annonce 6-7km avant le ravito et peut-être une source moyenne à 2-3km. Après un coup de fil un peu surréaliste à ce moment où je traite la vente d’une montre que j’ai mise en vente sur leboncoin (j’ai décroché et pas voulu jeter le gars sympa), je trouve effectivement un torrent, pas forcément trop sûr vus l’altitude, les travaux et en pleine forêt mais j’ai trop soif. J’arrive à bien courir toute la descente mais j’imagine la galère de devoir marcher, d’autant plus que je double beaucoup de monde des 2 distances 47 et intégrale qui sont dans ce cas. La lumière baisse et c’est pas super top ces longueurs de piste forestière. A chaque fois que je double, je me retourne pour voir si c’est un dossard rouge de l’intégrale : il y en a pas mal et ça me booste. A 2km du ravito, ça s’aplanit vraiment, il faut maintenant faire un bel effort pour courir. Il faut aussi mettre la lampe frontale car ça serait con de se prendre une racine dans la forêt bien sombre. A 1,5km, Anthony est une nouvelle fois là, venu à ma rencontre et ça me fait du bien car j’en ai marre. Je passe même en mode marche rapide à 7-8km/h dans le dernier faux-plat avant le pontet.
Ravito du pontet : temps roadbook : 42h00 – réalisé : 38h44min18s ( samedi 20h46)
3h15 d’avance et plus d’1h de gagnée sur ce tronçon, pas étonnant car j’ai vraiment eu l’impression de bien avancer, surtout jusqu’au col de la perrière. Malgré tout 3h45, c’est bien une section longue et il est important de faire le plein aux sources du gargoton.
Classement : 77ème quasi 20 places de gagnées, ce q n’est pas étonnant car j’ai vraiment doublé pas mal de dossards rouges.
A peine arrivé au ravito, je demande une soupe comme d’habitude et là, débarque comme une tornade un vik complètement en transes…Il me reconnait à peine, enfin c’est l’impression que j’ai, baragouine je ne sais plus quoi (à moins que ce soit moi qui ne comprenne rien) et demande à ce qu’on lui remplisse une bouteille de 50cl d’eau avec 2 morceaux de sucre. En 2 minutes, il est reparti pendant que je discute avec Anthony en remplissant mes bidons une dernière fois. J’ai aussi le droit à mon dernier orangina cul-sec puis je repars en marchant et en discutant avec Antho qui me donne des nouvelles de Philippe et Christian que j’imagine 1h30 derrière au moins.
Je dois avoir au moins 5 minutes de retard sur vik mais je me dis que je devrais le voir au loin dans la montée.
J’ai repris du poil de la bête et la fin de course me transcende. En plus mes ampoules aux talons me laissent plutôt tranquille en montée. Montée qui justement devient de plus en plus raide et dans laquelle je fais vraiment l’effort : je pense voir vik devant mais ça n’est jamais lui que je rattrape. Pourtant, je vais faire ma meilleure vitesse ascensionnelle de toute la course avec une pointe à près de 1000m/h et souvent plus de 800m/h.
Bon, à part ce challenge, la montée n’est pas terrible mais faut bien rejoindre Aiguebelle.
Et encore, ça n’est rien comparé aux pistes une fois arrivé en haut de cette dernière bosse (la vraie celle-là, il y a quand même 480mD+) où le mental est mis à l’épreuve avec des détours et des coups de cul à n’en plus finir.
Je ne sais pas combien j’aurai doublé de concurrents du 47km mais vraiment beaucoup. C’est cool, ça fait des lièvres à chaque fois qu’il y a une frontale au loin. La descente est aussi interminable que celle du pontet et les pieds sont bien douloureux. Ça me fait aussi penser à la descente finale à l’UTB, sauf que là, il y a en plus ces longs passages sur une route désaffectée avant de déboucher pour les 2-3 derniers km sur de la vraie route.
Dans ces derniers km, je perds quelques places je pense, même si ceux qui me doublent sont principalement des concurrents de la traversée nord.
Un duo de dossards rouges me double à 3 bornes de l’arrivée et prend le large. A l’entrée d’Aiguebelle, je les vois à 200m devant moi et je retrouve un peu de jus pour les doubler dans le dernier km.
J’arrive à courir à au moins 10km/h !! avec peut-être des pointes à 11 ou 12 !! mais j’en ai vraiment ras-le-bol…Ces 25 derniers km depuis le sommet du grand chat sont vraiment durs et paraissent une purge après les 120 premiers km exceptionnels.
Anthony est là, juste après la traversée de la route pour m’accompagner jusqu’à l’arrivée.
Je savoure un peu mais il est 23h et des poussières et c’est un peu mort quand même…c’est pas l’ambiace « tour de france » !!
Je franchis la ligne super content, limite les larmes aux yeux de cette aventure qui s’achève. J’ai eu le temps les derniers km de repenser à cette superbe saison de course et de préparation.

voilà, c’est fini…

Arrivée : temps roadbook : 45h00 – réalisé : 41h10min44s ( samedi 23h13)
3h50 d’avance et encore 1/2h de gagnée sur ce tronçon final malgré des pieds douloureux dans la descente. Mais j’ai fait une dernière montée très rapide pour moi.
Classement : 64ème Super fin de course avec plus de 30 places gagnées sur les 6 dernières heures : quand tu sais les écarts énormes qu’il y a sur cette course au bout de 30-40h, c’est pas mal.
Et puis 41h, franchement, c’est inespéré !! les 43h d’anthony me paraissaient vraiment inatteignable, l’objectif de 45h sur le roadbook presque ambitieux et au fond, je voulais surtout finir idéalement en moins de 48h.

sonnage de cloche sous les vivas de la foule

Comme il se doit, je secoue la cloche aussi fort que je peux puis je vais sous le barnum d’arrivée, récupérer mon lot finisher manger un peu et m’asseoir. Il y a vik qui est aussi assis : il m’a mis 18 minutes depuis le pontet dont au moins 10 minutes à la régulière…une vraie fusée, il a fait jouer ses qualités de routard probablement…
Anthony me tient au courant de l’avancée de Christian et Philippe qu’il a vus au pontet avant de venir pour mon arrivée. Ils n’ont pas si mal avancé finalement et sont moins de 2h derrière moi. J’ai le temps d’aller prendre une douche (froide, comme d’habitude) et me changer avant leur arrivée. J’ai le corps qui grince un peu, je vois enfin pourquoi j’avais mal aux pieds mais finalement, une fois lavé et habillé chaudement et sec, je me sens pas si mal.
Philippe et Christian arrivent finalement bien 1h30 derrière moi fatigués mais content après avoir fait l’intégralité de la course à 2 : ils auraient fait podium s’ils s’étaient inscrits en duo !!
Après, sonnage de cloche, petit débrief de la course et organisation de la fin de nuit et du lendemain, on finit par se coucher vers 2h30 du matin sur les lits de camps dans le gymnase d’Aiguebelle pour un sommeil lourd et profond jusqu’à au moins 7h30 le lendemain…Car c’est pas le tout mais la 2ème fournée de copains lyonnais est annoncée vers 9h. Juste le temps d’aller déjeuner au café du coin pour revenir accueillir Franck, Sylvain et Christophe.
C’est du 100% pour les lyonnais : on a bien mérité une petite bière, à l’arrivée pour eux, au petit déj’ pour nous.
A mon grand regret, je ne reste pas pour l’arrivée des derniers et surtout du duo Julien et Manu qui ont fait l’aller-retour…
3 mois après la course, j’ai encore une bonne partie de ma tête dans Belledonne : c’est de loin mon souvenir le plus marquant depuis que je cours : une aventure à préparer avec envie pour réussir et en profiter pleinement.
Je ne sais pas quand j’y retournerai mais si ce n’est pas en course, ça sera au moins en balade, en prépa, en famille ou à l’entrainement.
Voici un petit tableau des heures de passage, temps par section et mon classement sur ces sections : on y voit bien le départ prudent préconisé puis une progression certaine juqu’au pleynet ou je fais une grande pause qui paye sur la 2ème journée de course.
le tableau complet de tous les coureurs
La vidéo de ma course
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5 réponses à “Mon échappée belle 2017 – Traversée intégrale de Belledonne – 147km et 11400mD+

  1. Que de bons souvenirs en 2017, très heureux d’avoir pu les partager avec toi. Pas la peine d’avoir des remords, on avait dit ensemble jusqu’au Pleynet et ensuite je ne voulais pas être un boulet avec mon handicap. Avec Christian on avait fait un pacte, c’est même moi qui ai eu des remords de l’avoir freiné.
    Ton CR m’a donné des frissons, si j’avais ton talent pour écrire mes émotions et bien je ferai des CR mais je me considère trop mauvais dans cet exercice.

    Je rêve d’ une autre belle course en duo ou trio ou quatuor de l’autre côté des Alpes mais pour l’instant ce n’est qu’un projet lointain.

    @+ Philippe

  2. Super récit, ça valait la peine d’attendre 😉
    super gestion de tes coups de mou et hypo, et une super prestation pour une première EB intégrale 🙂 ! chapeau l’artiste !

  3. Un grand bravo pour ton récit et ta course rondement menée.
    Nous prenons le départ en duo avec ma femme dans 4 jours sur le 144km.
    Ça donne une très bonne idée de ce qui nous attend.
    Sportivement
    Laurent

    • Profitez bien, c’est une course/aventure magnifique et je vais avoir un pincement de ne pas y être au départ vendredi…mais je vais probablement y faire un tour samedi, peut-être que je vous verrai !!!

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